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Anigo : Entre part d’ombre et démêlés judiciaires

Ancien joueur et directeur sportif de l’OM, José Anigo est connu pour être un homme sulfureux aux amitiés troubles. À l’heure où il vient d’échapper à une détention provisoire, Peuple Olympien fait un retour sur ses frasques judiciaires et son parcours.

Brève histoire d’Anigo

Défenseur central de l’OM entre 1979 et 1987, José Anigo n’a pas marqué le club par ses prestations, mais par son attache et sa loyauté. Qu’importe le niveau affiché, il reste fidèle à l’écurie. Il connaît la relégation en deuxième division dans les années 80 et la finale de coupe de France en 1986. Membre phare de l’équipe des minots, il ne lâche jamais le club. Si sa carrière de joueur termine loin des standards du haut niveau, il tape le ballon, en ayant une conviction. Natif du quartier populaire de Consolat, il a la certitude que son existence est reliée à celle de l’Olympique de Marseille.

Après des piges peu reluisantes à l’ES Endoume et GS Consolat, il s’en va diriger les jeunes de l’OM en 97. Un poste qu’il occupe après avoir été brancardier. C’est en 2001 qu’il plonge dans le grand bain. Mais son élection au poste d’entraîneur des pros est incomprise par les supporters. En coulisse, il se dit que Bernard Tapie, revenu pour renverser la dynamique d’une équipe en perdition, refuse de le voir en tant qu’entraîneur. Peu avant d’être basculé au centre de formation, il assure l’intérim pour une poignée de rencontres. C’est en 2003 qu’il revient avec l’équipe première. S’en est suivit un long poste de directeur sportif et un départ officiel en 2016, à l’aube du « Champions Project ».

Les liens troubles

José Anigo est un personnage haut en couleurs qui s’est dressé une réputation importante. Et notamment un carnet d’adresse qui vacille entre les deux mondes, celui de la grisaille criminelle et celui de la lumière mondaine.

« José jouait le rôle de tampon avec les agents et ça m’arrangeait bien, il ne cache pas non plus les relations qu’il a pu avoir avec les voyous marseillais. Mon analyse est la suivante : José est la porte d’entrée des agents malveillants et des malfrats dans le système. »

Vincent Labrune se confie aux policiers en 2014. Propos rapportés par « Pièce à conviction » sur France 2.

Le cynisme règne à l’OM. À l’époque président du club, Vincent Labrune ne lésine pas sur les mots. José Anigo et la pègre entretiennent des liens. À commencer par son ami Richard Deruda. Un homme que l’on peut qualifier au mieux comme une personne connue « défavorablement des services de police » et dans le pire, de membre « fiché au grand banditisme ». José Anigo a grandi avec la femme de Deruda et a développé ensuite une amitié perturbante avec Richard. L’un est directeur sportif, décisionnaire à l’OM. Le deuxième, soupçonné d’avoir organisé des braquages avec la bande de Saint Gabriel est une figure des jeux clandestins de la cité phocéenne.

Le mafieux

Richard Deruda a la posture, le charisme et un statut qui inspire la crainte. Toujours fourré du côté d’Anigo, il se balade à la commanderie. Tout en profitant des kinés du club quand il a des maux de dos. Ces éléments font partie de l’aspect anecdotique, par contre derrière, il se cache d’autres choses. Pressions sur des transferts, surestimation de contrat, mise en examen et abus de pouvoir pour le côté moins « léger » de l’amitié. Benoit Pedretti, milieu de terrain qui a quitté l’OM en 2005, explique avoir subi des pressions pour qu’il parte du club.

José Anigo, bien qu’il restait deux ans sur son contrat, souhaite qu’il plie bagages. Cela semble normal, au vu du niveau affiché, mais c’est la technique de persuasion qui est particulière. Il emmène son acolyte Richard avec lui lors d’un dîner prévu avec l’agent du joueur français, pour « assurer » un appui. Le duo Anigo/Deruda c’est aussi le coup du contrat du fameux fils Thomas.

Le « pistonné », nommé ainsi par les supporters, est le symbole d’une impunité qui règne au club. À coup de contrat pro surévalué, Thomas qui n’a pas le niveau professionnel finit par quitter le club. Le temps de toucher près de 13 000 € par mois et une prime de plus de 80 000 €. Les camarades dans le « milieu », Anigo en a plus d’un. De l’agent de joueur Barresi qui officiait à Marseille au mafieux corse Christophe D’Amico, les fiches contact sont remplies. Et ce « milieu » Anigo en a vu les vices et les engrenages.

Un deuil dans la famille

16 heures, jeudi 3 octobre 2013, près de la station de métro Frais Vallon dans le XIIIe arrondissement de Marseille : les visages se figent et les regards se brisent. Des déflagrations retentissent et un homme tombe le corps percé par des balles de 9mm. Les deux tireurs prennent la fuite. Cette personne décède sur le coup. Il s’agit d’Adrien Anigo, le fils de José, listé dans le milieu du banditisme. Appâté par les braquages de bijouteries et passé par la case prison, Adrien est emporté. Emporté par le vice de la rue. Son père, directeur sportif de l’OM, n’a pu l’aider à s’écarter des rouages de la criminalité.

José Anigo, depuis ce jour, s’est éloigné pas à pas de Marseille. Pourtant il a voué toute sa carrière ou presque au club phare de la ville. L’angoisse émane de la ville, du club. Face à un tel événement, le directeur sportif de l’OM perd ses repères. Dans une interview accordée à Paris Match, il confie avoir réfléchi « à rejoindre Adrien » mais se retracte lorsqu’il pense à ses proches.

Source : [« Marseille a dévoré mon fils » : Anigo]

La mort de son enfant est un marqueur de la noirceur qui règne dans certains coins de la ville. L’émission Les Guignols, au cours d’un sketch, fait un lien étroit entre les « relations » du père et la mort du fils. José Anigo porte plainte pour diffamation contre la chaine cryptée. Mais en 2015, il n’obtient pas gain de cause.

« Y-a-t-il pire atteinte à l’honneur et à la considération d’un père endeuillé que celle de lui imputer la responsabilité, imaginaire mais ravageuse, de la mort de son fils ? »

Emmanuel Molina, avocat de José Anigo

Anigo et les frasques judiciaires

José Anigo a été mis en examen le 4 octobre dernier, pour association de malfaiteurs, et ce en vue d’extorsion en bande organisée et en vue de commettre un crime en bande organisée.

À lire aussi : [Retour sur la récente mise en examen d’Anigo]

La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a rejeté la demande de placement en détention provisoire de José Anigo. Avec une caution fixée à 100.000 euros. Il reste sous contrôle judiciaire, comme l’avait décidé le juge de la liberté et de la détention, début octobre, avant que le parquet ne fasse appel.

Des soupçons planent concernant une commission touchée lors du transfert d’Isaac Lihadji au LOSC. Un transfert évalué entre 4 et 5 millions d’euros. Selon des écoutes de la bande de la Capelette menées par des enquêteurs, cette commission aurait été envisagée pour financer « la logistique d’un projet de règlement de comptes ». En d’autres termes, de venger la mort d’Adrien. Plus de six ans après l’assassinat d’Adrien Anigo, il semblerait que cette affaire hante encore les pensées de l’actuel recruteur de Nottingham.

Ce n’est pas la première fois qu’il arpente les couloirs des tribunaux. En 2016, l’homme de 59 ans a été mis en examen dans l’affaire des « transferts suspects » pour complicité d’abus de biens sociaux, avant d’être considéré comme « témoin assisté ».

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