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PROCHAINS MATCHS

[Édito] Pourquoi l’OM va-t-il si mal ?

À la suite d’un énième mercato mouvementé, le club olympien sombre. Cette crise sportive ne peut être détachée d’une crise d’identité. L’OM de Pablo Longoria est synonyme de chamboulement permanent, d’automatismes à l’espérance de vie minime, d’éternellement recommencement. Coaches, joueurs, idéologie, rien ne résiste devant une instabilité destructrice.

La révolution permanente

La stabilité n’est pas une fin en soi, elle n’est pas suffisante, mais elle est nécessaire. Elle est le signe d’une vision sur la durée, pensée et portée par les dirigeants. Un club devant reconstruire à chaque intersaison ne peut espérer un développement sur le moyen-long terme. Le règne du court terme est un poison.

Qui dit nouvelle saison, dit nouvel OM : nouveau coach, nouvel effectif à 40/50%. Comme si le succès ne passait pas par des bases, par un minimum de continuité humaine et technique.

La saison actuelle marque l’apogée de cette instabilité chronique. L’intersaison fut encore grandement mouvementée. Les cœurs des supporters se sont emballés au fil des arrivées, des noms, des effets de communication. Aubameyang, Ndiaye, Sarr, Lodi, Kondogbia, Murillo, Correa, Meité… N’en jetez plus, la coupe est pleine. Pleine d’espoirs de supporters déjà trompés maintes fois par de la communication, du mensonge, du mépris aussi. À la suite d’une première partie de saison ratée, matérialisée par un changement d’entraîneur, les grandes manœuvres reprennent.

Cinq nouveaux joueurs arrivent, deux titulaires repartent. La recrue la plus chère de l’histoire du club fait ses valises, seulement 1 an après son arrivée en grande pompe. Les critiques dont il fait l’objet se justifient sur le plan sportif. Mais ce n’est pas ce jeune homme, plutôt attachant, le responsable de cette dépense effarante de 32 millions. Celui qui devrait subir le courroux et la contestation du peuple olympien pour cette catastrophe sportive et financière n’est pas sur le terrain, il est dans les loges.

Le passage de Renan Lodi fut encore plus bref : 6 mois. Son arrivée avait enthousiasmé supporters et observateurs, l’expérience a tourné court. L’offre reçue pour ce joueur, et la première partie de saison médiocre de l’équipe, aura permis à Pablo Longoria de justifier de nouveaux mouvements.

La CAN aura été très utile dans ce sens là. L’omnipotent président de l’OM n’a pas découvert l’existence de la CAN en janvier. Pourtant il a tout de même établi un effectif composé à 40% d’africains. Quand la cohérence sportive est absente, les bons résultats le sont aussi.

Jean Onana, une des cinq recrues d’un mercato aux allures d’énième chamboulement.

Ce mercato aura aussi vu l’état major olympien s’efforcer à transférer Jonathan Clauss. Il s’agit pourtant d’un cadre de l’équipe, un des 3 meilleurs olympiens de cette 1ère partie de saison.

Seuls deux joueurs depuis son arrivée ont un ratio matchs joués-actions décisives supérieurs au sien, les deux pointes : Alexis Sánchez et Aubameyang. Clauss fut décisif à 25 reprises en une saison et demie, ce qui est remarquable. Il a un grand volume de jeu, est fiable défensivement, rate très peu de matchs.

Pourtant, son président chercha à s’en séparer dans les derniers jours d’un mercato déjà riche en chamboulement. Cela aurait affaibli l’équipe. Des raisons extra-sportives sont avancées et utilisées pour justifier cet éventuel transfert. Cela aide aussi à diriger la colère des supporters toujours plus loin de la direction du club.

Ismaïla Sarr fut aussi proche du départ. Comme Lodi, il fut présenté comme une recrue de poids dans un mercato estival générant frénésie populaire et engouement médiatique. L’OM Longorien est une référence en matière de communication. Dommage qu’au football il y ait des matchs.

Même si la hype sur ce mercato fut démesurée, et que Sarr est parfois frustrant d’inefficacité, il demeure l’ailier le plus naturel et créatif de cette équipe. Une aile droite Clauss-Sarr dans des conditions correctes, avec continuité et donc automatismes, représenteraient une force certaine. Au lieu d’être un élément majeur d’une équipe cohérente et performante, ce duo est grandement sous-exploité. Et les deux joueurs sont à la merci des envies et humeurs de Pablo Longoria.

Ce changement permanent se retrouve aussi au niveau des entraîneurs : une seule saison pleine de Sampaoli, une saison de Tudor, un mois de Marcelino…Et donc un 4ème entraîneur en 2 ans et demi.

Un projet tout sauf sportif

Cette instabilité permanente est la preuve de plus, s’il en fallait une, que le fameux « projet » dont parle Pablo Longoria à chacune de ses prises de parole, n’existe pas. L’OM n’a pas de projet sportif, de vision, d’identité. Mener à bien un projet qui n’existe pas, c’est compliqué.

Le football business n’est pas synonyme d’annihilation de toute dimension sportive. Que l’argent circule n’a jamais empêché un club de faire du sportif sa priorité, son obsession. Cela passe par des recrutements basés sur le football, et non les agents et « intermédiaires », par le scouting, le travail de fond, de penser football, d’avoir une vision moyen-long terme et de faire ce qu’il faut pour qu’elle se concrétise.

Rien de tout cela n’existe dans cet OM. Le club est une zone de transit pour joueurs. Ils vont et viennent, les coaches aussi. La seule valeur qu’ils représentent pour le club est pécuniaire. La marchandisation à son paroxysme.

Ce qui motive aujourd’hui les décisions qui font le présent et façonnent le futur du club, est l’affairisme. La «politique sportive » de ce club centenaire, historique, légendaire, est dicté à tous les niveaux par des intérêts personnels. Nous sommes là aux antipodes d’un travail de fond menant à combler une ambition naturelle, celle de faire grandir et gagner l’OM, de donner émotions et fierté aux passionnés.

Recrutement, nom du coach, compositions d’équipe, temps de jeu… Rien n’est épargné. Il serait erroné de croire que ceci est la norme dans les clubs de football aujourd’hui. Les clubs dont les décisions sont à ce point dictées par l’affairisme demeurent fort heureusement minoritaire.

La différence est fondamentale entre utiliser des contacts privilégiés afin de faciliter certains recrutements, et recruter dans le sens de ces contacts privilégiés. D’un côté le sportif dicte le recrutement, de l’autre c’est le copinage.

Contrairement à une croyance très présente, Frank McCourt a toujours été synonyme et garantie de moyens conséquents. Que ce soit en matière de budget, de moyens lors de chaque mercato, de masse salariale, les dirigeants ont toujours eu de quoi mener le club à des saisons enthousiasmantes.

Pour Longoria ce fut le cas dès son premier mercato en tant que président. Après une saison ratée, à laquelle il contribua en tant que DS (Luis Henrique, Cuisance, Nagatomo), et donc sans qualification pour la C1, l’Ibère a pu recruter un joueur (Gerson) 20 millions. Ceci avant toute vente. Il y en aura aucune majeure cet été là, en tout cas sur le plan financier. La plus importante fut celle de Benedetto pour 3 millions. Durant cette intersaison 2021/22 l’OM aura au final (avec les OA, toutes levées) recruté pour 56 millions, vendu pour…8. 

Le généreux mais limité Vitinha pour son dernier match, symbole d’un OM en décrépitude.

Il y a tout juste un an lors du mercato hivernal, le club vendait pour 22 millions et recrutait pour 50. Une somme massive dépensée pour le trio VitinhaMalinovskyiOunahi, deux échecs et un semi-échec. Il en va de même pour le dernier mercato d’été, durant lequel le club dépensa 32 millions de plus que ce qu’il reçut. Là encore, on peut difficilement parler aujourd’hui de réussite.

Les prêts puis fins des contrats de Strootman et de Mitroglou furent positifs pour les finances, ainsi que la qualification en C1 pour 2022/23. Mais ces éléments sont bien trop limités et ponctuels pour évoquer un travail de fond de la direction menant à ces moyens. L’homme rendant possible la dépense de telles sommes s’appelle Frank McCourt. Et si les contrats de Mitroglou et Strootman sont un héritage financier lourd et nocif de Jacques-Henri Eyraud. Les 32 millions sur Vitinha et le contrat lunaire d’Aubameyang (3 ans pour un joueur de 34 ans, 620 000 euros par mois) pénalisent et continueront à pénaliser le club. 

Le choix des derniers entraîneurs obéissent aussi à des critères sans grand lien avec le football et une recherche de cohérence sportive. Le football de Marcelino est l’opposé du jeu offensif et spectaculaire promis par Pablo Longoria. Mais il se trouve être un grand ami de ce dernier depuis une vingtaine d’années. De plus son arrivée représenta une énième révolution idéologue problématique pour le sportif. Qu’importe, cette révolution aida le dirigeant espagnol à justifier l’annuel chamboulement de l’effectif.

Après un début de saison catastrophique, entre mauvais résultats et épisodes extra-sportif lunaires (la fameuse réunion et le mélodrame qui a suivi), Gennaro Gattuso remplace Marcelino. Un entraineur dont le président de l’OM connait parfaitement le parcours peu fameux, et son jeu tout sauf créatif et haletant. Il est pourtant l’heureux élu. Entraîneur de faible envergure, à l’opportunité inespérée, et en cela redevable envers celui l’ayant choisi. Il est là aussi difficile d’imaginer que ce choix ait un quelconque rapport avec l’intérêt sportif du club provençal.

L’Olympique de Marseille n’est plus vraiment un club de football, il s’agit juste d’un homme et ses envies, ses intentions, ses intérêts.

Les supporters, victimes malgré eux

Quels qu’ils soient, où qu’ils soient, les supporters incarnent le club. Ils sont les garants de son existence tant en matière d’identité, que concrètement en suivant les matchs, allant au stade, en se passionnant au quotidien.

La contrepartie naturelle réside dans des attentes et exigences. Dans un club à l’histoire si prestigieuse, à la dimension populaire et mythique, elles sont grandes qu’ailleurs. Aujourd’hui, la simple attente de base, celle d’avoir des dirigeants qui pensent au club, dont la priorité est de le faire grandir, n’est pas respectée.

Le cœur de l’exigence réside dans les résultats, le jeu, les émotions. On peut aisément constater que l’ère Longoria et l’instabilité n’est aucunement porteuse de résultats satisfaisants, dignes des attentes légitimes.

Un résultat s’analyse, ceci afin d’évaluer la performance, et par conséquence, la qualité du travail réalisé et les perspectives que cela offre. Commençons par les podiums. Ils représentent quasiment l’entièreté de l’argumentation allant dans le sens de résultats qui seraient satisfaisants et prometteurs.

Les deux podiums de l’ère Longoria ont été réalisées en prenant 71 et 73 points. Pour donner un ordre d’idée : depuis la saison 2016-2017, à 16 reprises un club, hors PSG, a fait mieux. Généralement beaucoup mieux : Lens 83, Nice 78, Monaco 78-80-95, Lille 81, Lyon 78-76, Lille 83. 

L’OM version Eyraud/Garcia l’a réalisé en 2017-18, avec 77pts, dans une Ligue 1 bien plus forte, avec d’excellents Monaco et Lyon (d’où la 4ème place). Sous Eyraud/Villas-Boas en 2019/20, après 28 journées, presque les 3/4 de la saison, l’OM prenait 2 points par match : un rythme de 76pts.

Les écarts sont aussi significatifs : l’OM de Sampaoli a finit plus proche du 8ème que du 1er, celui de Tudor plus proche du 7ème que du 2ème (Lens, à 11pts). Les différences de buts faibles pour un top 3 (+25 et +27), le nombre de buts marqués très faible (61 et 67, c’était 80 en 2017-18), le nombre incroyable de points perdus au Vélodrome (25 et 23), sont là encore des éléments peu reluisants.

Un podium en soi n’a pas de valeur. Il en a s’il est cause et conséquence d’un club qui travaille bien et grandit. L’analyse faite ici, et l’état actuel du club, démontrent que ce sont des podiums par défaut.

Une saison ne se limite évidemment pas au championnat, loin de là. La Coupe d’Europe et la Coupe de France représentent une majeure partie de l’histoire du club, et d’une saison. Le bilan y est catastrophique.

En Europe : échec majeur chaque saison, avec élimination en poule d’EL (après 5 matchs, 0 victoire sur les 5), en C4 (dans un 0-0 lamentable au Vélodrome, face à la seule bonne équipe affrontée), en C1 (4ème, dans la poule la plus faible), puis élimination dès le tour préliminaire.
En Coupe de France : humiliation 4-1 à Nice, humiliation en se faisant éliminer au Vélodrome par le dernier de Ligue 2, cette saison élimination dès les 16èmes de finale

L’annuelle humiliation en Coupe de France, après Canet 2021, Nice 2022, il y eut Annecy 2023.

Galatasaray, Nice, Feyenoord, Sporting, Lens, Annecy, Panathinaikos, Rennes, actuellement Brest, Lille, Reims… L’OM de Longoria se fait dominer et éliminer chaque saison, dans chaque compétitions par des clubs à l’histoire et aux moyens inférieurs (Feyenoord en exception pour l’histoire), souvent très inférieurs. À moins d’un improbable grand parcours européen, la saison actuelle sera une énième déception.

Pas de titre, pas de parcours européen marquant comme l’OM en a tant fait (encore récemment en 2018), des performances en L1 en trompe-l’œil, pas de beau parcours en Coupe de France…Le bilan est indigne.

De plus, on méprise aussi le supporter dans son rapport aux joueurs et à son équipe. Il est parfois de bon ton de le nier, mais l’amour porté envers le club se vit aussi à travers leur relation avec les joueurs. Par leur caractère, leurs performances, leur attachement au club, certains génèrent une affection différente. À l’OM, tout est plus intense qu’ailleurs, ces relations ne font pas exception.

Dimitri Payet faisait battre les coeurs du peuple olympien un peu plus fort que les autres. Récemment ce fut le cas de Mattéo Guendouzi, Chancel Mbemba et Alexis Sanchez Si les histoires d’amour finissent mal en général, avec cet OM, elles se terminent surtout vite. 

Le concept de stabilité n’existant pas avec Pablo Longoria, celui de cadres non plus. La présence d’un joueur dans l’effectif est d’une fragilité permanente. Quelque soit le joueur, sa date d’arrivée, son contrat, il est à tout moment transférable. Et ceci n’est en rien conditionné à une offre exceptionnelle. Au-delà même des individualités, le lien avec l’équipe en général et le coach est on ne peut plus éphémère.

Cette instabilité chronique, consciente et volontaire, réduit la relation émotionnelle entre le peuple et son équipe, ses joueurs, son coach, à sa plus simple expression.

Les changements permanents mènent à l’échec. L’échec mène aux changements permanents. L’OM s’enfonce toujours plus dans ce cercle vicieux instauré par son président… En dehors de l’optimisme naturel d’un supporter, les motifs d’espérance sont rares. Le manque de projet rend la visibilité à moyen-long terme extrêmement faible. Le court terme ne semble pas en mesure d’offrir belles émotions et satisfactions.

Le besoin d’un changement profond est indéniable. Une contestation populaire intense (non-violente) semble nécessaire. L’espoir ne peut passer que par une révolution structurelle : au moins un départ de Pablo Longoria, un nouveau propriétaire peut-être.

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