Entretien d’Álvaro au journal AS ! [Traduction Complète]

Arrivé cet été en provenance de Villarreal, Álvaro González ravit les supporters marseillais. Il suscite également beaucoup d’intérêt en Espagne où les journalistes locaux ne cessent de s’intéresser à sa nouvelle vie sur la Corniche. Voici la traduction intégrale de son entretien au quotidien AS par le journaliste Andrès Onrubia (@AndiOnrubia).

Alexandre Dimou/Icon Sport

Tout d’abord Álvaro, comment abordes-tu tes premiers mois à Marseille ? Car l’équipe a fait un formidable bon qualitatif. Et pour un joueur qui ne connaît pas la langue, l’adaptation semble avoir été immédiate.

On me l’a rendue facile depuis le début. Par rapport à ma façon de jouer et ma façon d’être, c’est plutôt un bon club. Ici à Marseille et au Vélodrome ils valorisent le travail et l’attitude que l’on montre, et ça me va très bien. Le football français est un football physique avec beaucoup de contact. En plus d’avoir de grands clubs comme Lyon, Paris ou Monaco, il y a beaucoup d’intensité dans les affiches et j’aime ça. L’adaptation à Marseille a été autour du football, et comme en termes de résultats tout s’est bien passé, c’est vrai que ça a été plus facile. Je m’intègre aussi vis-à-vis de la langue, le club facilite ça avec les cours. Et la vérité est que chaque jour je suis de plus en plus fier d’avoir signé ici.

Comment s’est déroulée ton arrivée à l’OM? Avais-tu déjà entendu parler de cette équipe avant ? Quel rôle a eu Zubizarreta ?

J’ai informé à Villarreal mon souhait de partir à l’étranger si un club me contactait. J’avais également une proposition pour renouveler mon contrat dans un vestiaire où j’étais important. Dès le début, Andoni m’a contacté, moi et mon représentant. Villas-Boas a également joué un rôle important, car il m’appelé personnellement. Pour moi quand ce coach me contactait c’était un honneur, car c’est quand même André Villas-Boas, un plus pour tout joueur. Du coup mon envie de départ a facilité les choses. Je voulais aller à Marseille, un club célèbre que je connaissais de l’extérieur, mais maintenant je le connais de l’intérieur. Villarreal s’est bien comporté à cet égard, puisque les dirigeants ont mis des clauses très simples pour que je sois ici.

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Quelle différence vois-tu entre le football espagnol et le football français? Tu penses que c’est cliché de dire que c’est un football physique ? Parce qu’il y a des acteurs très techniques comme Dimitri Payet, qui est connu pour être un grand technicien.

C’est un football plus physique, mais notre équipe est plus technique que physique. Notre effectif est composé de joueurs comme Strootman, Rongier, Sanson, Payet, Kamara ou Benedetto qui sont très fort avec beaucoup de qualité… Je pense que notre équipe s’en sort très bien physiquement pour rivaliser avec la Ligue 1, mais s’il y a bien une caractéristique de jeu que nous possédons, c’est notre très bonne tenue du ballon. Évidemment nous ne sommes pas les seuls, il y a Paris, Lyon ou Monaco avec Ben Yedder par exemple ou Cesc Fábregas

Pour moi, l’adaptation sur les terrains a été très rapide, et en plus dans un vestiaire comme le nôtre, cela ne peut que me faciliter la tâche !

Pascal Della Zuana/Icon Sport

Tu t’attendais à de telles performances de ta part en venant ici ? Parce que quand tu as signé, beaucoup pensaient que la charnière centrale serait composée de Boubakar Kamara et Caleta-Car. Maintenant Kamara joue milieu défensif et te libère donc la place dans l’axe.

Je savais que si je retrouvais le niveau que j’avais au cours de mes précédentes saisons à Villarreal, je pouvais performer. Un niveau où Zubizarreta m’a connu. Notamment lorsque nous avons joué à Lyon en huitième de finale d’Europa League. Mon principal objectif était de retrouver le niveau que je possédais avant ma venue et surtout la confiance, car dans le football, la confiance vous donne énormément de choses.

Comment est le Vélodrome ? Penses-tu qu’il est incomparable pour l’amour du club, toi qui a connu les stades espagnols ? C’est une ville où tout est paralysé quand joue l’Olympique de Marseille ?

Je l’ai répété plusieurs fois, et honnêtement ce n’est pas pour plaire à quiconque mais quand mes amis ou ma famille viennent me voir au Vélodrome, ils savent qu’en Espagne, cette ambiance n’existe nulle part. C’est un environnement spécial. Ici on vit le football d’une manière différente. La première chose que les gens pensent à faire ici, c’est d’acheter des choses de leur équipe et pas à une autre ! Cela vous fait vivre ce sport d’une manière différente. Si vous répondez à ce que les fans vous demandent, ils vous donneront tout. Et comme vous pouvez le voir, les Marseillais se rendent compte que nous donnons tout sur le terrain et ils répondent dans les tribunes. C’est réciproque.

Alexandre Dimou/Icon Sport

Parlons maintenant de la saison de l’OM. Ces dernières années l’équipe s’était donné comme objectif d’atteindre la Ligue des champions mais n’a toujours pas réussi. L’arrivée d’André Villas-Boas a-t-elle été essentielle à l’effectif pour renforcer le collectif et non les individualités, et sans Thauvin votre meilleur joueur ?

Dès le début, l’équipe a visé le podium pour atteindre les places qualificatives pour la Ligue des Champions. AVB a une façon de penser un peu similaire à ce que nous pensons du football en Espagne. C’est un entraîneur technico-tacticien qui aime intensifier la pression après la perte de balle. Des choses qui ne sont pas si courantes en France. Notre équipe dépend de la possession du ballon et de la création du danger avec ce dernier. Il nous a montré cette philosophie que j’avais déjà connue à Villarreal, et l’équipe l’a comprise. Il n’y a personne au-dessus des autres, et quand une équipe avec de si bons joueurs est au service du collectif, c’est très bien pour l’entraîneur.

Je pense que nous faisons une excellente campagne, mais comme je vous l’ai déjà dit, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour ce que nous voulons. Oui l’objectif prioritaire est la qualif en Ligue des champions, et j’espère que cela se produira.

Alexandre Dimou/Icon Sport

Comment est André Villas-Boas à l’intérieur du vestiaire ?

Il est très exigeant et sérieux. Une bonne chose qu’il possède c’est qu’il sait différencier la partie de travail avec l’extra-sportif. Quand tu dois parler ou faire des blagues, il est le premier, et cela permet au groupe d’être plus uni et plus détendu. C’est une personne sérieuse, qui a des idées claires.

Tu es l’un des centraux qui gagne le plus de duels en Ligue 1 et même en Europe. De plus, quand tu es le terrain, l’équipe n’a jamais perdu un match. Est-ce plus facile pour toi de jouer en France qu’en Espagne ? En Espagne, il n’y a pratiquement pas de duels individuels et il est plus difficile de retirer le ballon à un joueur qui l’a attaché au pied. Alors qu’en France, les joueurs se battent constamment dans des duels individuels et ont du pouvoir. Tu crois que ça t’a bénéficié ?

Oui, j’ai peut-être bénéficié du style de jeu du football français. Ici, il y a aussi des joueurs très rapides.

Dans de nombreux matches, nous dominons avec le ballon, et nous devons prendre en compte le domaine de la vigilance offensive (contres-attaques), les duels individuels… Après la rupture du péroné, j’ai retrouvé un bon niveau et cela m’a donné confiance pour m’exiger au maximum. Je suis très heureux, et j’espère que tout continuera à se passer comme ça. Pour nous entrer en Ligue des Champions serait une réussite exceptionnelle après avoir vécus plusieurs saisons difficiles.

Te vois-tu jouer la Ligue des champions la saison prochaine avec l’OM ? Rappelons que tu es prêté par Villarreal.

Dans mon contrat, une clause était déjà remplie. Une clause d’option d’achat obligatoire si je jouais cinq matches. Au tour du club de payer. Il n’y a qu’une étape pour le rendre officiel. En tout cas moi je suis très heureux ici. Mon objectif était d’entrer dans le club avec directement de bonnes performances, car si je jouais cinq matches, j’allais signer trois autres saisons. Il n’y a pas de meilleur endroit que celui où les gens vous aiment, et je me sens aimé.

Alexandre Dimou/Icon Sport

Quelle est l’équipe qui t’a le plus fait souffrir cette saison ? Lyon par exemple avec Moussa Dembelé ? Dans ce match contre Lyon, tu as fini par être expulsé et c’était peut-être le plus compliqué.

Lyon avait de très bons joueurs, c’était un match compliqué car c’était le deuxième après ma blessure. Mais je garde en tête celui de Monaco. Nous avons eu un mauvais moment, ce fut un grand match pour les spectateurs avec de nombreux duels. Ils avaient Slimani et Ben Yedder, deux joueurs de haute qualité. C’était le match le plus compliqué parce que nous avons concédé trois buts. Mais on a gagné quand même.

Tu n’étais pas titulaire face au PSG, ce match a-t-il été un tournant ? Qu’est-ce que Villas-Boas vous a dit pour renverser la situation ?

Eh bien, avant de jouer contre le PSG, nous avons réalisé de bons matchs. Alors il a essayé de tourner la page et de continuer à faire de son mieux. Nous avons gagné des matchs compliqués contre Lille ou Lyon. L’équipe a su se surmonter, et une fois que nous sommes entrés dans cette dynamique de victoire, nous sommes devenus une équipe difficile à battre. Cette échelle entre l’attaque et la défense a pris de l’effet, et j’espère que nous pourrons continuer de nombreuses rencontres comme ça.

L’OM est à 8 points de Paris, rêves-tu de les concurrencer ?

Nous connaissons la difficulté, l’objectif doit être de lever les yeux pour conserver notre deuxième place de Ligue 1. Si on commence à regarder vers le bas pour éviter de perdre des points, ça sera la meilleure façon d’en perdre.

Thomas Apel

OM un jour, OM toujours !