Interview de Darío Benedetto à La Provence

Arrivé cet été, l’attaquant Argentin Darío Benedetto s’est confié à La Provence.

L’attaquant Argentin a d’abord évoqué son passé en Argentine

« Je suis parti au Mexique pendant trois ans (de 2013 à 2016) mais c’est vrai que c’est la première fois que je vis en Europe. Je m’adapte aux coutumes françaises et marseillaises, à la façon de jouer dans ce championnat. Je sens que je me suis déjà acclimaté. En Argentine, j’avais une vie très tranquille et je vis de la même manière ici. Les supporters marseillais sont similaires à ceux de Buenos Aires. Buenos Aires est très grande mais moi je vivais en dehors de la ville, dans un tout petit village. Marseille est très belle, je suis allé voir la mer un soir avec ma famille. Cette ville est magnifique, même si je la connais encore très peu, je m’entraîne et je me repose pour être bien en match. Je n’ai donc pas eu la possibilité de beaucoup visiter mais le peu que j’ai vu était incroyable. »

« Je suis installé, je profite pleinement de ce moment unique dans ma carrière. Nous sommes dans le centre-ville de Marseille. Pourquoi ? Pour mes enfants – on a une école pas loin de notre logement -, pour mon épouse également, qui peut aller faire du shopping et de la gym dans le coin. Tout ce dont on a besoin est à proximité. On nous a montré des logements à Cassis, à Aix-en-Provence, des endroits, super mignons. Mais la vérité c’est que l’on voulait être près de tout. J’ai parlé avec Lucas (Ocampos) à ce sujet puisqu’il a joué trois ans ici. Il m’a décrit la ville, m’a recommandé plus ou moins l’endroit où habiter. Il m’a donné des conseils pour m’adapter le plus vite possible. Nos épouses ont discuté ensemble, et nous sommes toujours en contact. Ca me plaît d’avoir l’affection des gens, et c’est toujours par le terrain qu’on la gagne. C’est très beau cette tendresse que me témoignent les Marseillais. C’est à moi de travailler dur pour donner beaucoup de joie à ces supporters qui encouragent et soutiennent toujours leur équipe. »

Il a ensuite parlé de son début de saison et de son avenir

« J’espère que ça continuera. Les deux derniers matches que l’on a joués au Vélodrome, j’ai été très bien accueilli, notamment avec un drapeau de l’Argentine (contre Montpellier). Il n’y a pas de mot pour décrire ça ; pour ma famille, mon épouse, mes enfants qui ont quitté l’Argentine, c’est très beau. C’est bien que l’on reconnaisse mon travail. Les choses peuvent bien se passer ou non sur le terrain, mais ce qui est sûr c’est qu’on mouille le maillot pour les supporters. C’est une très belle sensation que les gens éprouvent tant d’affection pour toi après si peu de temps. Je profite de ces moments et je tenterai de donner le meilleur pour que ça continue. Le stade Vélodrome est incroyable, il m’a beaucoup surpris. Déjà, il est très beau, très moderne, et puis les supporters… Je ne pensais pas en trouver des comme eux, j’espère qu’ils continueront toujours à nous soutenir ainsi. Tout s’est bien passé à Boca et je crois que je suis respecté par beaucoup de journalistes et de suiveurs du football en général. Mais je ne suis pas une star, pas du tout. Il y a d’autres joueurs bien plus connus que moi : je suis simplement quelqu’un qui se bat pour son avenir et pour réaliser ses rêves. »

« Je ne peux jamais dormir après les matches, que je marque trois buts et que l’on gagne ou que je n’en mette aucun et que l’on perde. C’est une question d’adrénaline pendant la rencontre. Je dédie presque tous mes buts à ma mère. Je l’ai perdue quand j’avais 12 ans, je ne peux plus profiter de sa présence mais je sais qu’elle était fière, ce qu’elle voulait c’était que je joue au foot. »

Il a également évoqué sa vie dans Marseille et les coutumes en Argentine

« Pour l’Argentin, l’asado est une coutume. C’est une bonne chose de le partager avec les amis du football ou d’ailleurs. C’est un immanquable. Dans quelques temps, quand je serai parfaitement installé, quand j’aurai trouvé ma « parrilla » (une grille pour cuire la viande), j’inviterai tout le monde. J’aime la musique, jouer d’un instrument, mais plus que tout j’adore le golf. Je ne suis pas un très bon joueur mais ça me permet de me détendre et de faire sortir le football de ma tête. Je cherche un golf pour commencer à y jouer, mais je suis allé en premier au magasin de musique. J’aime beaucoup faire du bruit à la maison ! Je joue de l’accordéon, d’instruments à percussions mais je ne les maîtrise pas, je joue simplement pour faire du bruit (rires). »

« Je devais avoir 10 ou 11 ans, peut-être 12 ou 13. Quand j’ai accédé à la réserve de l’Arsenal (de Sarandi) j’ai arrêté. J’ai continué le football et mon frère la musique. Je ne regarde pas beaucoup de matchs, ça ne me plaît pas. Quand je discute de foot avec des amis, je me demande parfois de quoi ils parlent ! Ils me disent : « Comment ça tu es footballeur mais tu ne regardes pas le foot ? » La vérité c’est que je n’aime pas le regarder, même si c’est un match Barça-Real… La seule équipe que je regarde c’est Boca, qui joue tout à l’heure d’ailleurs (dans la nuit de mardi à mercredi, 0-2 contre River Plate en demi-finale aller de Copa Libertadores) mais c’est plus parce que je suis un fanatique de Boca que pour le match en lui-même. À 14 ans, ça se passait très mal à l’école, ça ne me plaisait pas. Mon père m’a dit que je pouvais arrêter mais que je ne resterais pas à la maison pour autant. Donc je suis allé travailler avec lui. C’est comme ça que ça s’est passé pour moi, mais je ne suis pas du tout un exemple : il faut étudier. Bref, j’ai passé deux années épiques avec mon père, en bossant jusqu’à midi puis ensuite je prenais le train pour m’entraîner avec Arsenal l’après-midi. »

Pour finir, il a évoqué sa carrière mais aussi son surnom « Pipa »

« Je ne regrette rien de ce que j’ai fait. La seule chose qui m’a manquée, c’est de gagner un grand titre à Boca et je tenterai de le faire ici. J’ai joué dans le plus grand club du Mexique, l’América (il y a remporté deux fois la Ligue des champions Concacaf, ndlr), j’avais depuis tout petit le rêve d’évoluer sous le maillot de Boca, je l’ai fait et j’y ai gagné deux championnats. Et puis comme tout footballeur, le rêve était de jouer en sélection, je l’ai fait lors des éliminatoires de la coupe du monde 2018. Je suis content et j’espère ne pas m’arrêter en si bon chemin. J’avais un équipier dans les catégories inférieures d’Arsenal qui m’a surnommé ainsi pour se moquer de mes narines (rires) mais ça ne me vexe pas. Dans un vestiaire on se chambre souvent et moi je suis toujours de bonne humeur avec mes équipiers. Quand j’étais très petit, je vivais avec un ballon dans les mains, et je regardais les matches et les commentais. Je prononçais tout le temps le nom de « Matute Morales ». Ce n’était pas une idole mais il a été bon à Independiente et était réputé en Argentine. Mon oncle a commencé à m’appeller « Matute » et c’est resté. Pour les gens de mon quartier je ne suis ni Dario ni Pipa, mais Matute. Il y a le visage et la date de naissance de ma maman, les noms de mes enfants, de mon papa. La majorité a un rapport avec la famille. Sur le cou, j’avais un tout petit scorpion mais je me suis rendu compte qu’il ne m’avait jamais vraiment plu. Je me demandais comment j’allais le cacher et j’ai donc fait ça »

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