Interview de Jacques-Henri Eyraud dans L’EQUIPE

Le président Olympien a accordé une interview pour récapituler le mercato d’été Olympien.

Jacques-Henri Eyraud a d’abord évoqué les négociations avec Nantes et le profil de Valentin Rongier

« Valentin est un joueur qu’on suivait depuis très longtemps, on pense que c’est un grand espoir du foot français. Il a un caractère bien trempé et la tête sur les épaules. J’ai pu vérifié ça durant les négociations, c’est un homme bien et calme. On voulait s’assurer que la cession de Luiz Gustavo allait se faire selon les conditions qui nous convenait. Ensuite, il y a eu les discutions habituelles qui n’ont pas permis de boucler le dossier avant la fin du mercato. J’ai un profond respect pour tout mes collègues dirigeants. Rongier était le joueur emblématique du FC Nantes et le capitaine. Je comprends que pour un dirigeant c’est un moment difficile, mais c’est le football. Dans une négociation, on peut toujours jeter l’éponge. Quand les conditions dépassent notre prix de réserve et les modalités de la transaction qu’on s’est fixées. Les conditions finales de ce transfert sont conformes à nos attentes. Il y a deux millions de bonus liés à une qualification européenne de l’OM qui n’est jamais automatique. Quant à la notion de pénalité, je ne vois pas très bien ce qu’elle recouvre. Il y a, en cas de cession future du joueur, des montants minimum et maximum qui seront dus au FC Nantes. »

« S’il avait été international, nous l’aurions payé entre quarante et cent millions. Je suis satisfait du montant de l’opération. Je m’étonne des remarques sur le prix de nos joueurs. Quand je regarde le prix moyen auquel sont arrivés nos joueurs depuis qu’on est là, on est à onze millions. Le joueur était valorisé à quinze millions, donc treize plus deux de bonus me semble raisonnable. De toute façon, cela ne veut pas dire grand chose. Si Valentin connaît une saison à la hauteur de nos attentes, les observateurs diront qu’on a sous-payé le joueur ou que c’était une bonne affaire. »

Il a ensuite évoqué les deux autres recrues de ce mercato, Benedetto et Gonzalez

« Je sais qu’on est dans un milieu ou la mémoire est courte. Mais quel est le dernier grand attaquant à l’OM ? Tout le monde me dit que le dernier grand attaquant à l’OM, c’est Didier Drogba et cela fait quinze ans. Donc c’est injuste de nous en parler tout le temps. En ce qui concerne Benedetto, c’est exactement ce que nous recherchions. Un attaquant qui marque, qui fait jouer les autres et avec un gros mental. Habitué à la pression, y compris des supporters. On va le laisser s’intégrer dans un nouveau pays, s’entraîner pour arriver à 100 % de ses capacités physiques. Ben Yedder, vingt-neuf ans, a coûté quarante millions d’euros. Rodrigo, même âge, est estimé à cinquante millions. Et les attaquants qui ont entre vingt et vingt-six ans qui ont bougés sur ce marché ? Tout est cher ! Et s’il marque vingts buts, on dira qu’il a été acheté à bas prix. »

« Alvaro s’est bien intégrer, autant dans ce qu’il apporte sur le terrain, comme dans la grinta dont il fait preuve. Cela nous plaît beaucoup. Ce nouveau cycle est marqué par une priorité donnée à des profils plus jeunes. Or, on a deux recrues très expérimentées. Pourtant, on a bien une moyenne d’âge en baisse, car on a décidé de faire confiance à nos talents de la post-formation. 45 % de l’effectif a moins de vingt-trois ans. Mais on a estimé qu’en défense centrale, il nous fallait un joueur d’expérience. »

Le président Eyraud a aussi parlé du départ de Luiz Gustavo

« Tout le monde connaît l’affection et le respect que je lui porte. Il est probablement l’un des plus grands professionnels que j’ai croisés dans le football. Il avait une offre à plus de dix millions d’euros de salaire net en janvier dernier. J’ai estimé que l’OM était dans une période de fragilité qui rendait son départ impossible, il l’a accepté. Cet été, il a eu une autre offre, l’occasion pour lui peut-être d’un dernier gros contrat, il a vraiment demandé à partir. On a passé trente minutes en tête à tête dans mon bureau, et cela restera un moment très fort. Et comme je lui ai dit, j’espère que l’on se reverra, et pourquoi pas à l’OM, parce que l’offre de reconversion que je lui ai proposée tient toujours. Notre principe de fonctionnement, c’est l’alignement des dirigeants, ce qui n’empêche pas des discussions parfois contradictoires. La transparence s’impose à nous tous et, du début à aujourd’hui, elle n’a jamais fait défaut. AVB est enthousiaste au sujet de l’arrivée de Rongier. »

Jacques-Henri Eyraud a conclut cet entretien par évoqué l’effectif, le poste d’arrière gauche et la prolongation de Kamara

« C’est toujours une source de préoccupation. On a un effectif de vingt-sept joueurs, qui est inférieur à ce qu’on voit au PSG, à Saint-Etienne, Rennes, Lille ou Monaco, qui ont tous entre trente et quarante joueurs. Mais Lyon qui travaille extrêmement bien, a aussi un effectif de vingt-sept joueurs. On va jouer moins de matchs que nos concurrents directs. Et après quatre journées de Championnat, on est le seul club à ne pas avoir de blessé, cela montre que notre staff travaille bien. André Villas-Boas l’a montré en appelant beaucoup lors des premiers matchs de Ligue 1. On a choisit un entraîneur qui a un profil d’éducateur, de formateur. J’ai aimé le voir dans ses sessions vidéo individuelles avec des jeunes attaquants de dix-neuf ans chez nous. En suite, il ne faut pas oublier que nous sommes supervisés par le Fair Play Financier et qu’on a des contraintes. Elles doivent être prises en compte car notre trajectoire financière actuelle n’est pas soutenable sur les deux ou trois prochaines saisons. »

« Il faut soutenir Jordan Amavi. C’est un joueur de qualité, qui a montré des belles choses avec le maillot de l’OM. Je regrette les mémoires courtes et je rappelle que Jordan Amavi a été sélectionné en équipe de France (en octobre 2017). Et s’il a atteint ce niveau d’excellence, le joueur est toujours le même. Il faut être derrière lui, lui donner la confiance dont il a besoin. Après oui, on est un peu court en expérience à ce poste-là. Mais on a pas trouvé les conditions pour permettre un recrutement. »

« On sait à quel point il est difficile de prolonger des jeunes joueurs. Kamara est un ambassadeur de notre formation, dont on parle tellement peu et qui est si importante. On peut dire aujourd’hui que l’OM a tout les attributs d’un club formateur : La volonté, les hommes, les processus pour détecter et faire grandir les meilleurs talents de la région. Nasser Larguet est l’une de nos meilleures recrues de l’été. »

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