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[ITW] Jean-Paul Delfino : « J’ai appris à aimer l’OM »

Jean-Paul Delfino est connu pour avoir trois grandes passions : la littérature, le Brésil et sa musique ! Cependant, il y en a une dont il ne parle quasiment jamais, c’est l’OM ! Pour Peuple Olympien, il a décidé de se confier sur son amour inéluctable pour un club qu’il qualifie comme « unique en France ».

Votre dernier roman intitulé « Guyanes » et qui sort aujourd’hui (éditions Heloise d’Ormesson) a reçu le prix du Figaro magazine, le prix Saint-Exupéry. Le 6 juin dernier, il a également été récompensé par le grand Prix de l’Académie d’Aix-en-Provence. C’est assez rare de voir une personne du haut milieu littéraire être aussi passionné par un club de football. Cela a-t-il un impact sur votre vie quotidienne et professionnelle ?

Et oui, parce qu’il est très mal vu, dans le milieu littéraire, d’aimer le sport. Plus encore d’avoir été cadet national, d’avoir fait les sélections de l’équipe de France. D’avoir été recruté, à quinze ans, par le grand Salif Keïta. Et d’aimer l’OM ! J’aurais dû, dans cette sphère intellectuelle, me faire petit, gommer mon accent, passer sous silence les joies incroyables que j’ai connues, en tant que joueur comme en tant que supporter. Mais la pire des trahisons n’est elle pas de se trahir soi-même avant même de trahir les autres ? Je suis ce que je suis. J’aime et je supporte qui je veux. Sans commentaire possible. 

Je crois que vous avez même écrit un roman fortement inspiré de votre amour pour l’Olympique de Marseille.

J’ai écrit un polar sur l’OM (Embrouilles au Vélodrome). Et, pour l’écrire, je suis parti d’une réflexion, entendue après un match. Suite à une énième défaite à la maison contre le PSG, trois supporters assez fortement anisés promenaient leur dégoût, à la sortie du stade. Au comble de l’écœurement, le plus abattu s’est soudain arrêté. Avec lenteur, il s’est retourné vers le portail de l’entrée du stade. Il a tendu un doigt accusateur en direction de la pelouse. Là, la voix grave et définitive, il a lancé : « On va débaptiser le stade vélodrome. On va l’appeler le stade Victor Hugo. » Comme ses deux amis s’interrogeaient du regard, en silence, il a expliqué : « Le stade Victor Hugo, oui. Parce que c’est là que jouent les Misérables. » 

Comment êtes-vous devenu supporter de l’OM ?

Avec un père niçois, j’ai tout naturellement commencé par supporter l’OGC Nice, lorsque j’étais enfant. C’était l’époque des Josip Katalinski, Jean-Noel Huck, Jean-Marc Guillou, Jean-Pierre Adams ou encore Dominique Baratelli. Puis, j’ai senti l’appel de l’OM, plus fort que tout. Un jour, je devais avoir onze ans, mon père m’a emmené voir OM-Nice. J’étais dans le virage Sud. Deux supporters marseillais, deux bons papas, m’ont fait une place près deux. Ils m’ont donné un bout de sandwich. Quand ils ont vu que je portais l’écharpe du Gym, ils m’ont donné aussi une partie de… leur dessert. Pas à cause du dessert, mais pour leur gentillesse, j’ai appris à aimer l’OM. 

Et ça n’a jamais changé entre temps ? C’était l’OM et rien d’autre ?

En grandissant, j’ai mieux compris, je crois, l’ADN de l’OM. Ce n’est pas un club comme les autres. C’est un club qui n’existe que par ses supporters. Ceux-ci sont passionnés, forts en gueule, connaisseurs, chambreurs. Ils sont fiers de leur histoire, de leur couleur. Ils sont à l’opposé de ce que, personnellement, je déteste : le pouvoir central. Ils sont en marge, ils sont ailleurs, jamais à genoux devant les puissants, méfiants des Parisiens comme des instances footballistiques. 

Y a-t-il un match que vous n’oublierez jamais ?

OM 5-4 Montpellier ! Perdre 4-0 à la mi-temps. Loulou Nicollin claironnant qu’il ferait le retour à pieds ou à dos d’âne si Montpellier perdait. Et… et une seconde mi-temps hors de la logique. Cinq buts ! L’OM sort victorieux ! Et Loulou Nicollin qui bafouille. Le bonheur pur, au plus chaud d’une fin d’été, si ma mémoire ne me trompe pas ! 

Y a-t-il des joueurs qui vous ont plus marqué que d’autres ?

Roger Magnusson, Josip Skoblar, Tony Cascarino ou enbcore Didier Drogba. La liste est infinie. Par ma culture et mon goût du football, je ne pouvais qu’aimer Carlos Mozer. Brésilien. Un roc. Une nonchalance laissée aux vestiaires pour la tenue plus efficace de nettoyeur. L’élégance mêlée à un côté impitoyable, à la limite de la cruauté, mais toujours dans les règles. Ou presque ! 

En effet, le Brésil semble être l’une de vos raisons de vivre. Et beaucoup de joueurs olympiens étaient de ce pays. Avez-vous vos préférences ?

Carlos Mozer, encore une fois. Mais aussi Paulo Cesar et Jairzinho. Quand j’étais cadet critérium, cette année là où nous sommes montés en nationaux, j’ai eu le plaisir d’échanger quelques balles avec eux. Ils venaient de quitter l’OM et finissaient leur carrière à l’ASA. J’ai donc fait quelques entraînements avec des champions du monde… Pour être exact jusqu’au bout, ces deux grands joueurs passaient tout de même plus de temps au Mistral ou au Grillon. Mais là, je n’avais pas l’âge ni le droit de les suivre !

Quelle est votre plus grosse joie olympienne ?

Elle est à venir. Je ne vis pas dans la nostalgie. C’est comme lorsque l’on me demande, parmi la vingtaine de romans que j’ai écrits, quel est celui que je préfère. A chaque fois, je réponds que c’est celui à venir, celui qui n’est pas encore écrit. Pour les joies olympiennes, c’est la même chose. Il y a eu 1993, c’est une évidence. Mais je suis sûr que l’OM peut et va faire encore mieux. Un jour.

Quel était votre moment le plus triste en tant que supporter marseillais ?

C’est aujourd’hui. Voire même depuis plusieurs années. Je suis catastrophé par l’apathie, le manque de vision des dirigeants marseillais. J’avais été invité, un jour, par Robert Louis-Dreyfus à voir un match en tribunes VIP. Défaite contre le PSG. A l’amertume de cette défaite, s’est ajoutée une hérésie. Tous les petits caporaux des dirigeants du club ont voulu me convaincre que… « L’OM devait être normalisée »… L’OM, normalisée ??? Alors que l’OM ne vit et n’existe que parce que c’est un cheval fou ! Hélas, on voit que le marketing et la recherche absolue de profits rapides l’ont emporté. Le torchon brûle entre les supporters et les cols blancs. Les deux ne se comprennent plus. Et les joueurs ? La majorité promène le maillot, sans grande conviction. Ça, c’est ma plus grande tristesse olympienne. 

Possédez-vous un objet culte en rapport avec l’OM ?

Je ne suis pas fétichiste. Je préfère les souvenirs au merchandising, aux photos. J’aime la vie, l’instant présent. Pas les reliques. Quand j’avais dans les douze ou treize ans, Josip Katalinski m’a serré la main, à travers les grilles. Je ne me suis plus lavé la main, toute la semaine durant. Ça, ça vaut toutes les photos, les selfies. 

Un grand merci à Jean-Paul Delfino pour s’être confié sur son amour pour le plus grand club de France. Son Passeport Olympien est validé par la rédaction de Peuple Olympien. N’hésitez surtout pas à découvrir son nouveau roman intitulé « Guyanes« .

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