Jacques-Henri Eyraud, 2 ans et demi pour quoi ?

Qui êtes-vous monsieur Eyraud ?

Crédit photo : SoFoot.

Jacques-Henri Eyraud (JHE) est un entrepreneur français, en poste depuis Octobre 2016 en tant que président de l’Olympique de Marseille. Dès son arrivée et au travers de “l’OM Champions Project”, JHE annonce fièrement son ambition de remettre Marseille sur le devant de la scène footballistique européenne. Depuis son arrivée, presque 3 ans se sont écoulés et un premier bilan serait bon d’être fait. Le projet initial de l’ère McCourt / Eyraud, “l’OM Champions Project”, repose sur plusieurs points essentiels: La performance sportive, la fan experience, l’engagement citoyen du club et sa pérennité économique.

Alors qu’il arrive en cours de saison 2016/2017, JHE prend la place de Vincent Labrune, à un moment où l’OM n’est pas en bonne posture en championnat. Il nomme rapidement Rudi Garcia à la tête de l’équipe et Andoni Zubizarreta en tant que directeur sportif pour l’épauler dans ce projet de “grande envergure”. Le souci de cette association, c’est que Rudi Garcia n’a pas l’air d’avoir envie d’écouter Zubizarreta, et le lien va vite être rompu entre les deux hommes, ce qui laissera place à des mercatos trop peu aboutis, jusqu’à la démission du coach français.

Jacques-Henri Eyraud a une priorité absolue au niveau financier, depuis son arrivée à l’OM: celle de rendre autosuffisantes les finances marseillaises. Cependant, le budget déficitaire du club rend l’accomplissement de cet objectif d’autant plus ardu. Avec plusieurs projets financier en approche, la gestion du stade, l’OM Nation, etc.. l’OM a fait un grand pas en avant au niveau “marque OM” depuis l’arrivée de JHE.

Parlons de l’OM Champions Project.
Comme énoncé ci-dessus, l’OM Champions Project repose sur quatre points essentiels; la performance sportive, qui est le fait de qualifier l’OM régulièrement pour la Ligue des Champions et de devenir un concurrent réel au PSG pour le titre de la Ligue 1; la fan experience; l’engagement citoyen du club et sa pérennité économique ou autrement dit son autofinancement.

Pour vous expliquer en gros, voir même en très gros, ce qu’est l’autofinancement pour un club de football, c’est le point où l’argent dépensé par le club chaque année (en achat de joueur, gestion du stade, salaires, etc..) ne dépasse pas, ou de très peu, l’argent récolté par le club tout au long de la saison (vente de joueur, billetterie, sponsoring, etc..).
C’est vers cela que Eyraud, McCourt et l’OM essaient de s’orienter depuis le début du projet. Ce n’est pas une chose facile, surtout lorsqu’on prend en compte l’état des finances du club lors de sa reprise par l’actionnaire américain. De plus, l’OM est toujours dans le viseur du fair-play financier et devrait se voir adjuger des sanctions sous peu. Mais à force de travail et avec une politique sportive basée sur l’achat de jeunes joueurs à fort potentiel, l’OM pourrait y arriver dans les années à venir. D’autant plus que Eyraud a réussi à récupérer l’exploitation exclusive du stade Orange Vélodrome cette saison, à la société Arema. C’est un gros plus pour les finances marseillaises, car le total de l’argent généré par le stade reviendra à l’OM, que ce soit de la billetterie pour les matchs du club jusqu’aux places de concert. Cette récupération des bénéfices de l’exploitation du stade est un bon point pour Eyraud, car c’était un de ses objectifs à son arrivée.

Mais parlons aussi du gros point négatif de ces 2 ans et demi de “OM Champions Project”. Vous l’aurez deviné: la non qualification en Ligue des Champions.
Depuis le début de ce projet, une seule chose revient dans le discours des dirigeants, des joueurs, du staff et des supporters, c’est la fameuse qualification en Ligue des Champions. Et malheureusement, on l’attend toujours ! Est-ce de la faute d’Eyraud ? On peut penser qu’il a sa part de responsabilité là-dessus. Avec une saison 2018/2019 très compliquée,  notamment avec l’incroyable série de défaites de Rudi Garcia, tout le monde, notamment les supporters, ont réclamé la tête du coach français. Mais Eyraud a toujours montré son soutien envers lui tout au long de la saison, jusqu’au 22 mai 2019, où Rudi Garcia annonce sa démission en accord avec son président.
Mais la solution pour accrocher la Ligue des Champions cette saison n’aurait-elle pas été de limoger Garcia lorsque les défaites s’accumulaient ? Nous pouvons simplement spéculer là dessus, mais personne n’a réellement compris les intentions et explications sur ce dossier cette saison, à commencer par les joueurs qui nous ont donné l’impression de lâcher petit à petit l’entraîneur. La non-prise de décision de la part d’Eyraud a peut-être coûté le “graal” au marseillais.

Parlons maintenant de l’OM Nation, mis en place par Eyraud, qui fait partie du point de la fan experience du Champions Project. Qu’est-ce que l’OM Nation ? C’est un programme qui veut regrouper les supporters marseillais, où qu’ils soient dans le monde. C’est une façon pour l’OM d’essayer d’améliorer la fan experience en permettant aux membres de profiter des moments ou avantages en plus du simple déplacement au stade, comme par exemple: Promotions en boutique, rencontres de joueurs, événements exclusifs, etc..

De plus, ce programme permet à n’importe quel “petit groupe” de supporters de fonder son propre fan club en affiliation avec l’Olympique de Marseille. Cependant l’OM Nation n’est pas une grande réussite depuis sa création, et le peu qu’on en entend dire, de la part des fans, ne sont pas d’excellents retours. On en arrive même au fait que l’OM et Eyraud cherchent à renommer ce projet, sûrement pour tenter de lui insuffler un second souffle.

Crédit photo : France 3.

Eyraud sur la chaise éjectable ?

Après cette saison 2018/2019, il fallait que l’OM de McCourt marque le coup pour prendre un tournant dans leur projet. Eyraud et Rudi Garcia étaient tous deux sur la sellette, mais c’est bien le coach français, qui avait pourtant vu son contrat prolongé par JHE en début de saison, qui a dû faire ses bagages et de l’autre côté Eyraud a été confirmé à son poste avec le soutien de Frank McCourt.

Eyraud a donc dû se trouver un nouvel entraîneur et pour une fois, ce serait le directeur sportif espagnol qui aurait pris la décision finale de proposer le nom du coach portugais; André Villas-Boas (AVB). Un tournant dans le projet, et une dernière cartouche peut-être pour JHE, qui ne pourrait pas survivre, au poste de président, en cas de nouvel échec sportif.

Crédit photo : Onze Mondial.

Quid de Jacques-Henri à l’avenir ?

Comme énoncé ci-dessus, l’actuel président marseillais pourrait ne pas survivre à un nouvel échec sportif de l’ampleur de l’année catastrophique que l’OM vient de subir. Mais la nomination de Villas-Boas au poste d’entraîneur pourrait être une manière de séparer totalement les deux pôles du côté marseillais (le sportif et le financier/marketing). Le coach portugais devrait travailler beaucoup plus facilement avec l’aide de Zubizarreta, un vrai duo devrait donc se mettre en place du côté sportif de l’OM, contrairement à l’ère Rudi Garcia où, ce dernier, préférait travailler seul avec l’appui de JHE.

Un petite révolution, du point de vue sportif, devrait donc s’installer à l’OM pour les mercatos et saisons à venir. Du coup, le travail et la présidence de JHE prennent, à mon avis, beaucoup plus de sens. Ce n’est pas forcément la personne qui s’y connaît le mieux au niveau football, par contre c’est autre chose quand il s’agit de faire évoluer une marque ou d’améliorer les finances d’une entreprise. Certesn avec le déficit qui était de 90M€ en fin 2018, mes propos peuvent ne pas être compris. Mais je vous rappelle qu’une partie de ce déficit est dû à l’ancienne direction du club, ainsi qu’aux résultats des dernières saisons de l’OM. Si l’on prend en compte tous les investissements fait durant cette période (à tort peut-être) dans le club, le déficit n’a pas pu être combler, ce qui nous vaut d’être dans le collimateur de la DNCG et du Fair-play financier.
Cependant, une chose qui est passé assez inaperçu aux yeux de beaucoup de personne mais qui a un impact indéniable pour McCourt, Eyraud et l’OM, c’est le bilan de la puissance de la marque OM ! Et là, le travail fourni a eu de bons résultats, avec une entrée dans le TOP 50 des marques-clubs en 2019 selon le groupe Brand Finance.

Qu’est-ce qui a permis à l’OM d’entrer dans ce TOP 50 ? C’est un ensemble de plusieurs choses comme l’investissement financier dans le club, l’OM nation, la ferveur contagieuse des supporters, l’exclusivité de la gestion du stade, etc..
Et dans ces points évoqués, une partie ont vu le jour grâce à Jacques-Henri Eyraud. L’entrée dans ce top 50 est annoncée comme une bonne nouvelle pour l’avenir de la marque OM et la pérennité du projet en cours. Bien entendu, tout dépendra de la feuille de route que McCourt et Eyraud s’entendront à donner à l’Olympique de Marseille de Villas-Boas. Mais c’est un point non négligeable que les détracteurs de l’OM d’Eyraud se doivent de prendre en compte.

Il serait donc logique qu’à l’avenir, Jacques-Henri Eyraud, trouve le moyen de se détacher complètement du côté sportif du club, pour se pencher uniquement sur le côté économique, financier et marque OM. Ce qui pourrait être une bonne chose pour le club et un soulagement pour les supporters.

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