Retour sur la stratégie sportive de l’ère McCourt

Lors de son arrivée, Frank McCourt a expliqué qu’il souhaitait recruter des joueurs ayant une expérience du haut niveau. Ces derniers devaient devenir la pierre angulaire du projet à court terme afin de ramener l’OM sur le devant de la scène. Cela devait permettre d’accrocher la Ligue des Champions afin d’avoir une nouvelle source de revenus.

Par la suite, le board olympien souhaitait recruter de jeunes joueurs pour compléter l’effectif et remplacer les joueurs d’expérience sur le moyen terme. Sur le papier, le projet était cohérent mais paraissait tout de même chimérique. Jacques-Henri Eyraud ne laissait pas de place aux imprévus sportifs ou financiers, délaissant même l’éventualité d’une issue différente dans son « business plan ».

Des débuts en trombe

Lors des deux premiers mercatos (janvier 2016 et été 2017), l’OM ne recrute que des joueurs ayant déjà joué sur le sol français. A l’exception de Kostas Mitroglou et Luiz Gustavo. Ces joueurs confirmés, recrutés à prix d’or, ont déjà un âge avancé, excluant ainsi l’hypothèse de revente.

Lors de ces premiers exercices, des doutes s’installent déjà entre des joueurs qui mettent beaucoup de temps à se montrer sous leur meilleur jour, mais également en raison des rumeurs concernant l’entente entre Andoni Zubizarreta et Rudi Garcia qui se dégrade.

Au cours du premier mercato hivernal, l’OM décide de se renforcer avec des joueurs ayant déjà des acquis. Evra, Payet, Sanson et Sertic arrivent à Marseille. Ce mercato hivernal est l’un des exemples les plus probants de l’échec du projet olympien. Dimitri Payet, recrue la plus chère de l’histoire de l’OM, n’a jamais réussi à prouver qu’il pouvait être la figure de proue du projet. Patrice Evra, lui, arrivé comme taulier, a été licencié moins d’un an après son arrivée. L’arrivée de Grégory Sertic, elle, n’est pas due à ses performances sportives à Bordeaux, mais à ses agents qui sont les mêmes que ceux de Rudi Garcia. Seul le transfert de Sanson rentre dans la logique du « Champion’s Project ». Le club dépense beaucoup et développe de façon impressionnante sa masse salariale, pour un bilan sportif peu probant.

L’été 2017, lui, sera plus riche en recrues. Adil Rami, Luiz Gustavo, Valère Germain, Steve Mandanda ou encore Mitroglou. Ces recrues ont d’ailleurs été les acteurs majeurs de l’épopée européenne en Ligue Europa. Malgré des débuts alambiqués, ces derniers ont su se mobiliser et offrir aux supporters une finale européenne.

Cependant, ces transferts ont des objectifs sur le court terme avec l’impossibilité d’une revente, créant ainsi une certaine confusion sur le long terme. Près de 100 millions d’euros sont ainsi dilapidés sur des joueurs trentenaires avec des salaires astronomiques.

Le « Krach » olympien

Après une saison riche en émotions, JHE accorde une confiance aveugle à Rudi Garcia pour le mercato. Il décide de miser sur des jeunes joueurs ainsi qu’un joueur qualifié de « joueur ligue des champions », rejoignant ainsi le « business plan » de Jacques-Henri Eyraud. Duje Caleta-Car et Nemanja Radonjic et Kevin Strootman rejoignent l’OM. Ce dernier est acheté après l’échec cuisant dans le dossier Mario Balotelli. Le bilan comptable finira toujours dans le rouge, une habitude depuis l’arrivée de la nouvelle direction, avec un déficit de 34 millions sur ce mercato.

Malheureusement, en plus d’un échec comptable, la saison 2018-2019 s’apparentera à un long chemin de croix. Après cette catastrophe sportive, JHE décide de licencier Rudi Garcia. Andoni Zubizarreta est enfin en première ligne, les mains déliées de l’emprise pesante de l’ancien entraîneur phocéen. Il se charge du recrutement de l’entraîneur et choisit André Villas-Boas.

Le directeur sportif de l’OM a de nombreuses missions pendant l’inter-saison : vendre les gros salaires (Strootman, Gustavo, Rami) suivis des grosses valeurs marchandes (Sanson, Thauvin), ainsi que reconstruire l’équipe et combler les postes vacants (latéral gauche, buteur).

Les missions ne seront que partiellement réussies, car Zubizarreta ne vendra que Luiz Gustavo (Rami, lui, sera renvoyé pour faute grave), tandis que les achats seront plus qualitatifs que quantitatifs, avec seulement trois recrues (Rongier, Benedetto et Alvaro). Cela dit, l’attaquant argentin était une cible de Villas-Boas. Le poste de latéral gauche ne sera jamais comblé laissant Amavi seul au poste.

Les prémisses du « projet »

Le projet initial était ambitieux et pouvait ramener l’OM au sommet. L’idée de ramener des joueurs d’expérience pour construire une base solide et incorporer des jeunes pour faire perdurer le projet, était celle qu’il fallait pour ce club. Néanmoins, Jacques-Henri Eyraud n’a pas choisi les bonnes personnes pour porter ce projet. Rudi Garcia est un bon entraîneur, mais sa volonté de s’impliquer, lui ou ses agents (Sertic, Caleta-Car, Radonjic) dans les transferts, a été nuisible au club. Ce dernier a mis Andoni Zubizarreta à l’écart du projet sportif, créant ainsi des tensions dès les premiers mercatos. Pourtant, le directeur sportif olympien a de son côté mis en place un réseau de scouting dans différents pays. Cela permet ainsi de trouver des joueurs pouvant apporter de la qualité à l’équipe.

Jacques-Henri Eyraud, n’ayant aucune connaissance dans le monde du football, a décidé de donner un crédit immuable à son entraîneur, avilissant ainsi le projet, car de nombreux mauvais investissements seront faits.

Le cas Strootman

Données récupérées sur les sites Transfermarkt et Sportune

Valeur marchande : 28 millions Prix d’achat : 25+3 millions
Salaire AS Rome : 3,2 millions Salaire OM : 6 millions

L’exemple de Kevin Strootman démontre les failles du projet, un entraîneur omniprésent dans les transferts, un directeur sportif placé au second plan, un président dépassé et trop hautain pour remettre ses choix en question.

A présent, André Villas-Boas va devoir se démener pour sauver le club d’une dérive financière et sportive.

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