Amavi, la faute à qui ?

Encore mis en difficulté et coupable de l’action qui a mené au but contre son camp de Bouna Sarr face à Montpellier ce weekend (1-1), Jordan Amavi réalise un début de saison compliqué sous les couleurs de l’OM. Si son niveau inquiète un peu plus semaine après semaine, le joueur ne doit pas être le seul sous le feu des critiques. Explications :

2 novembre 2017, stade Afonso Henriques de Guimaraes, le latéral gauche de l’Olympique de Marseille Patrice Evra vient d’asséner un coup de pied à un supporter marseillais présent au Portugal. Ce soir-là, devant les yeux de toute l’Europe, l’international français de 36 ans vient de commettre son premier et dernier geste technique sous le maillot de l’OM. Parmi les spectateurs, un jeune coéquipier est présent.

Atterri en Provence quelques semaines plus tôt en provenance d’Aston Villa et pour un montant de 10 millions d’euros, Jordan Amavi est le futur de l’OM au poste de latéral gauche. Formé à Nice et arrivé au deuxième round du mercato de l’OM « Champion’s Project » pour être la doublure de Patrice Evra, le natif de Toulon va connaitre dans cette douce soirée d’autonome ses dernières heures de concurrence au sein de la maison olympienne. À l’époque, il est bon de rappeler que, Jordan Amavi s’installe tout doucement au poste d’arrière gauche. Talentueux et hargneux, il apprend encore et engrange de la confiance avec les conseils de Tonton Pat’ et sans la pression d’un titulaire prétendu. Un détail pour certains, une offrande pour un minot originaire du sud de la France.

La pression change de dimension

Presque 2 ans plus tard, une convocation en équipe de France et une finale d’Europa League entre temps, rien n’a changé ou presque… Jordan Amavi est toujours un défenseur de l’OM mais toujours sans pression. Cette fois, l’inexistence d’une quelconque menace sportive est devenue le problème. Car à 25 ans son niveau est devenu catastrophique. Dépassé tactiquement, pauvre techniquement et enchaînant les centres de piètre qualité, il est aujourd’hui identifié par les adversaires comme le point faible de la formation olympienne. 

Ce terrible constat a des explications et le joueur ne peut être tenu comme seul responsable. En effet, l’Olympique de Marseille tient dans son effectif un seul arrière gauche depuis bientôt 2 ans. Ce chiffre est éloquent et devient même honteux lorsque l’on compte le nombre de mercatos qui auraient pu réparer cette erreur… Quatre !

AVB vise la LDC, Zubi s’arrête un peu…

Toujours rien après quatre mercatos et 24 mois pour trouver un joueur à un poste identifié. Dans un club normalement constitué, cette anomalie aurait été vite réparée. Mais alors que fait la cellule de recrutement ? Le président Jacques-Henri Eyraud connaît-il si peu le football pour ne pas se rendre compte qu’un club aux ambitions européennes ne peut se contenter d’un seul homme pour un seul poste ? Zubizarreta ?

Interrogé début septembre à ce sujet, l’Espagnol s’était justifié : « En fait, on  a démarré le mercato avec deux objectifs très clairs : l’avant-centre et le défenseur central. Ce sont les deux postes qu’on a attaqués le plus vite, car ce sont deux éléments clés dans une équipe. Quand on a fini ça, on s’est arrêtés un peu. ». Donc certains clubs, comme Lille, travaillent toute l’année et la cellule de recrutement de l’Olympique de Marseille s’arrête « un peu » en plein mercato estival. Est-ce normal pour un club qui vise, selon les dires de son entraîneur, une qualification en Ligue des Champions ?

Il y a eu cette possibilité de prêt de Miranda par le FC Barcelone mais balayée par l’état-major olympien car elle avait la perspective d’intégrer une option d’achat. Cette piste évaporée, certains avaient salué une « institution sauvée » mais sans que cela règle ce vieux problème de l’OM.  Comme si ce prêt était la seule idée de l’été au poste d’arrière gauche. Un temps caché derrière l’omniprésence de Rudi Garcia, Andoni Zubizarreta doit aujourd’hui s’affirmer et rappeler qu’il est un acteur respecté dans le milieu du football. Son réseau et sa capacité de travail doivent -enfin- se hisser à la dimension de ce club. Rendez-vous en janvier 2020.

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