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PROCHAINS MATCHS

Et si Valbuena était resté à l’OM une année de plus

Fin juillet 2014, le soleil bat son plein au 33, Traverse de la Martine, tout comme dans l’ensemble des recoins de la cité phocéenne. La direction sportive présente à la commanderie et le staff technique chapeautent l’entraînement des quelques joueurs revenus de vacances. La joie règne, l’atmosphère est paisible. Sauf pour un.

L’élimination en quart de finale de la Coupe du Monde 2014 le préoccupe, sa situation professionnelle encore plus. A l’ombre, doté d’une casquette noire vissée qui dissimule une partie de son visage. Mathieu Valbuena cogite et se concentre sur sa conversation téléphonique avec son agent Jean-Pierre Bernès. « Petit vélo » n’est pas serein. Pour cause, son transfert au Dynamo de Moscou, est au point mort.

Mathieu VALBUENA – Reprise Entrainement Marseille – La commanderie – Photo

Les rumeurs sont bien réelles, des négociations sont en cours entre le club russe et Mathieu Valbuena. Mais un élément bloque, et durant les semaines suivantes, rien ne changera. Le salaire demandé par le Marseillais est jugé trop important. Aucun accord n’arrive entre les deux parties et le temps passe. La lassitude des négociations se fait ressentir d’un côté comme de l’autre. La saison 2014-2015 s’apprête à débuter et le 8 août 2014, tout est rompu. Mathieu Valbuena ne goûtera pas au défi russe et décide, après réflexion, de rester en terre olympienne.

« J’aurais été fou de ne pas te vouloir » Marcelo Bielsa

Mathieu Valbuena se tient donc dans les rangs marseillais à la reprise. L’entraîneur chilien en est ravi. Une arme offensive de plus, qui s’ajoute entres autres à Dimitri Payet, Michy Batshuayi, André-Pierre Gignac, Romain Alessandrini, André Ayew et Florian Thauvin. Mais la liste s’arrête là. Un temps courtisé, Abdelazziz Barrada reste finalement dans son club Qatari.

Le retour aux affaires s’annonce par conséquent épique. Et surtout complexe. L’entrejeu est très voire trop fourni, de même pour l’attaque. Mais El Loco est déterminé à faire taire les critiques et stopper les interrogations tactiques. Il n’hésite pas à faire les louanges du joueur dans la presse. Quant aux supporters, le transfert avorté de Mathieu Valbuena leur reste en travers de la gorge. Le natif de Livourne souhaitait partir, sa présence actuelle n’est due qu’à un manque d’accord. Enfin, c’est ce qui se dit de part et d’autres. Mais la page va vite se tourner et Petit Vélo est toujours aussi apprécié.

Début de saison compliqué

Il ne pointe pas sur la feuille de match des deux premières rencontres. Mathieu débute la saison lors de la réception de Nice en entrant à 5 minutes du terme. Une victoire facile 4 à 0. S’ensuit la trêve internationale. Au retour, Valbuena est titulaire face à Evian. Une opposition attendue par tous. C’est l’occasion pour lui de contrer sa saison précédente trop moyenne et surtout, de montrer qu’il peut exploser sous Bielsa. Mais l’effet escompté n’aura pas lieu.

Dans un milieu à trois avec Payet et Romao, il peine à se montrer intéressant, dans un match que l’OM gagne pourtant deux à zéro . En manque de repères, il est contraint de laisser sa place à Imbula à la 57e minute. Frustré de sa prestation poussive, mais pas abattu pour autant, l’accolade et les mots touchants de Bielsa le rassurent. Il le sait, sa saison se lancera progressivement. Tout au long du mois de septembre il se contentera de brèves entrées en fin de match, de quoi provoquer le débat : est-il vraiment utile sous Bielsa ? Fallait-il le vendre au récent mercato ? Et bien, tout va très vite se renverser.

Les prémices d’un renouveau

L’OM reçoit Saint-Étienne pour la 8e journée du championnat. Marseille gagne 2 buts à 1, il reste plus d’une demi-heure dans le temps réglementaire. Valbuena rentre sur le flanc gauche à la place de Thauvin. Dix minutes plus tard, après un contre éclair, il est servi par André Ayew. Il crochète à l’entée de la surface la défense adverse, et s’en va fusiller Ruffier d’une enroulée millimétrée.

Il traverse le terrain empli de joie et accourt dans les bras de Bielsa, comme un symbole. A 2 minutes du temps additionnel il sert sur un plateau Gignac qui accroît le score. Très belle rentrée du numéro 28, qui récidivera face à Toulouse deux semaines plus tard, en distillant une passe décisive après avoir remplacé Mario Lemina en fin de partie.

Le choc contre Lyon

Les nerfs sont à bloc, les Marseillais se déplacent dans la capitale des Gaules. Marcelo Bielsa met en place son 3-1-3-3, avec une surprise. Mathieu Valbuena entre en scène à la place de l’habituel André Ayew. La rencontre démarre sur un rythme haletant, beaucoup de pressing des deux côtés. Marseille joue haut, se crée des occasions, et Valbuena rayonne. Toujours juste dans ses déplacements et orientations de jeu, il met Jallet dans une très mauvaise posture. La mi-temps vient mettre au fin au calvaire du lyonnais. La seconde période débute, mais la tendance s’inverse, Lyon reprend le dessus, l’Olympique de Marseille est retranché dans son camp. Yoann Gourcuff s’en va punir les marseillais.

Le doute s’installe dans les têtes des phocéens, mais, bien heureusement, seulement pour une courte durée. Cinq minutes plus tard, Ayew prend la place de Payet. Valbuena est repositionné au cœur du jeu. Le joueur formé à Langon, prend ses responsabilités. Excentré sur la droite de la surface lyonnaise, il mystifie Tolisso, et dépose une merveille de centre pour Thauvin qui, bien placé, peut tromper le portier adverse. Un partout, il reste 20 minutes à jouer. Mais Valbuena ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. La fatigue, pourtant bien présente de part et d’autre, ne cadenasse pas pour autant cette partie endiablée.

Les défenseurs centraux lyonnais subissent encore la pression des marseillais. Batshuayi, fraîchement entré en jeu, donne, de par sa vivacité, le tournis à l’arrière garde lyonnaise. Cela finit par payer. Il chipe le ballon dans les pieds de Bedimo et part à l’offensive. Se retrouvant en duel avec Lopes, il voit ce dernier stopper sa frappe. Heureusement, un homme a suivi. Il s’agit du numéro 28, qui récupère le cuir repoussé par le portier. Seul, il tire dans le but vide, laissant les défenseurs contempler ses dorsaux. L’OM mène 2 à 1.

L’évènement marquant

Il reste 12 minutes, l’OM a pris l’ascendant. Les Gones semblent abattus et frustrés. Pour preuve, l’attentat de Ferri sur Valbuena à la ligne médiane. Le carton rouge donné ne sera qu’un faible lot de consolation, puisque le marseillais, homme du match, sortira en larmes sur civière.

Une blessure qui l’écarte 3 mois des terrains

Le match se termine, les supporters exultent, mais l’événement marquant de la soirée revient hanter le moral de tous. Le constat est clair, c’est une fracture de la cheville pour Mathieu Valbuena. La sanction promulguée pour Ferri est de 3 matches de suspension. Première partie de saison terminée pour Mathieu donc, qui devra attendre janvier pour refouler les pelouses de l’hexagone.

L’OM ne pleure pas pour autant la blessure de son milieu offensif. En effet, le club enchaîne les victoires et termine même champion d’automne, malgré une énième défaite subie face au PSG.

La trêve passée et les fêtes de fin d’années écoulées, il est temps pour Petit Vélo de retourner sur les terrains. Mettant la rancœur de la blessure aux oubliettes, il se met rapidement au diapason. En attendant de retrouver l’équipe, il s’adapte au rythme souhaité par Bielsa, s’imposant des charges de travail soutenues. Trop juste, il ne revient qu’après l’élimination de l’OM en coupe de France et la défaite de l’OM contre Montpellier le 9 janvier 2015.

Son retour se fait au même moment que l’arrivée d’un certain Lucas Ocampos, débarqué en prêt de l’AS Monaco. Présent dans les 18 convoqués pour affronter Guingamp, il s’assoit sur le banc. Il rentre pour les 20 dernières minutes en succédant à Florian Thauvin. L’OM s’impose 2 à 1. L’international français récupère tranquillement.

Peu après, l’OM se déplace en terre niçoise pour le compte de la 22e journée. La blessure d’Alessandrini, la suspension de Fanni et les départs de certains font mauvaise figure. De quoi pousser dans ses retranchements l’homme assis sur une glacière, qui concocte une surprise. Valbuena est dans le onze de départ sur le flanc gauche de l’attaque, avec Thauvin, Payet et Gignac en soutien. Quelle prise de risques au vu de l’état de forme de Petit Vélo. Mais une fois le match commencé, les doutes s’estompent.

Le retour sur les terrains

L’OM tient le ballon et est extrêmement dangereux, les combinaisons entre les quatre font des merveilles. Seuls le jeune Aloé et Mario Lemina mué en latéral droit semblent moins sereins. A la 38e minute, les efforts finissent par payer. Payet, sur un coup franc obtenu par Valbuena, dépose une merveille de ballon sur le cuir chevelu d’Imbula qui trompe Mouez Hassen. Marseille ouvre le score et rentre aux vestiaires.

La deuxième mi-temps est pourtant en faveur des Niçois. Le jeu s’inverse et ils égalisent, marquant même un second but par la suite pour porter le score à 2-1. Valbuena sort à l’heure de jeu après une très bonne première mi-temps et laisse sa place à Michy. En fin de partie, Thauvin égalise et permet de donner un point à son équipe.

Valbuena enchaîne les partitions en tant que titulaire. Il marque contre Evian, dans un stade Vélodrome qui l’acclame, ce qui lui permet de briguer plus de temps de jeu.

Surplus de joueurs sur l’échiquier offensif

L’OM sort d’un fade match nul contre Rennes, comptabilise désormais 48 points et squatte la deuxième place. André Ayew, triste finaliste de la CAN, fait son retour pour la 25e journée. Si sa venue réjouit, il faut avouer que cela peut complexifier le schéma de jeu. Il se rajoute à la liste d’ailiers potentiels composée de Thauvin, Ocampos, Alessandrini, Ayew et Valbuena. Un casse tête pour le tacticien chilien, mais qui s’en servira pour alterner, faire souffler et installer une concurrence saine. Face à Reims Valbuena est préféré à André qui, à peine débarqué, doit souffler.

L’OM à court de souffle faiblit dans les derniers instants du match, et encaisse deux buts coup sur coup, ramenant le score à 2-2. Par la suite, L’OM enchaîne deux victoires et un match nul en trois matches. Valbuena, très bon, marque à deux reprises et s’impose comme titulaire indiscutable, malgré les efforts défensifs dantesques à fournir dans ce système Bielsa. L’OM toujours deuxième, reçoit les Gones pour le dernier match de cette 29e journée.

Le retour du duel Ferri/ Valbuena

Pour Valbuen, la douleur du match aller hante encore son esprit. Des questions se posent même quant à sa présence ou non dans le onze de départ. Pourtant, à 20h ce soir là, sur la feuille de match transmise par la communication du club à Peuple Olympien, Valbuena est bien titulaire. Et, surprise, il est placé aux côtés de Gianelli et Dimitri dans un milieu à trois. Thauvin, Ayew et Gignac composent le trident offensif.

Coup de génie ou coup de folie ? La première période laisse présager l’option numéro 1. L’OM est dangereux , tout comme son adversaire. Quant au numéro 28, sa justesse est toujours aussi intéressante, mais il se heurte à une équipe lyonnaise bien en place. L’effectif olympien reste soudé et repart de plus belle. Le match est haché avec beaucoup de fautes, mais le duel Ferri/ Valbuena tant redouté tourne à l’avantage de Petit Vélo. La tension monte, le score est toujours vierge. L’OM a du cœur et ne rompt pas, l’envie surpasse l’épuisement.

Une fin de match terrible

A la 83e, Ocampos, rentré trente minutes plus tôt, fait chavirer le stade Vélodrome. Sur corner, il vient, d’un tacle rageur, pousser le ballon d’un iota au fond des filets. La situation devient floue, malgré la joie de l’Argentin, le jeu suit son cours sans que le but ne soit validé. Les joueurs, stupéfaits tentent de masquer leur incompréhension… le reste appartient à l’histoire, le match se finira sur le même score. Jeremy Morel, dépassé, prendra un rouge en fin de match.

L’OM n’a pas perdu mais a subi bien pire avec la suspension d’un défenseur, dans un secteur qui commence à montrer ses limites. Fatigue et étroitesse. Les deux derniers mois de la saison sont rudes pour l’OM, les efforts deviennent laborieux puis quasi impossibles. Mandanda sauve les siens, la défense et l’entre-jeu font face à beaucoup de lacunes, mais ça tient.

Le match nul obtenu face au PSG permet aux olympiens de ne pas baisser la tête. La frappe contrée de Batshuayi sur un centre magnifique d’un Valbuena à bout de souffle laisse penser qu’elle va offrir la Ligue des Champions à l’OM. Mais les trois défaites suivantes face à Bordeaux, Nantes et Lorient dans un match rocambolesque minent le moral. Mais ce moral est composé de plomb.

Les 4 dernières confrontations du championnat

Dimitri Payet brille de mille feux, ses associations avec Romao, Imbula ou encore Valbuena ont apporté un gros bagage technique à l’équipe. Pourtant, que ce fut complexe de trouver le juste milieu dans ce florilège d’offensifs. Mettre au cœur du jeu ces 2 profils dans un 4-1-4-1 a fait vibrer le Vél’ et les caméras TV, mais pas suffisamment pour assurer une place définitive sur le podium. Tout ceci associé aux difficultés défensives, la dernière marche est dure à gravir.

L’OM descend à la quatrième place, derrière Paris, Lyon et Monaco, à un point du club de la principauté. Face à Metz, les olympiens tiennent à montrer qu’ils ne sont pas abattus, en l’emportant de la plus belle des manières, 3 buts à 0. Valbuena marque en fin de match après un débordement d’Alessandrini. Mais, touché à la cheville, il sort juste après. L’OM reçoit Monaco, sans le numéro 28, dans un choc de folie. La victoire est primordiale. Quel match! Dans un match à suspens, l’OM l’emporte 2 à 1, volant sa place sur le podium à l’ASM.

L’OM décroche la troisième place

2 points d’écart avec le club du rocher et autant de matches à disputer. Ses dernières partitions, l’OM les contrôlera de bout en bout. Valbuena, placé en 10, laissant Payet ou Imbula souffler, maîtrise et ordonne le jeu. Il est l’artisan majeur des victoires contre Lille et Bastia. La qualification pour les barrages de LDC est acquise, le Vélodrome et les supporters exultent et savourent après une saison riche en émotions. Les joueurs peuvent souffler, ils l’ont fait.

Andre Pierre GIGNAC / Lucas OCAMPOS / Michy BATSHUAYI – 23.05.2015 – Marseille / Bastia – 38e journee Ligue 1 Photo
Un départ très amer

Une fois l’euphorie retombée et les vacances amorcées, la réalité revient au galop. L’Olympique de Marseille doit vendre. Mathieu Valbuena fait partie de cette liste de joueurs transférables. Le Dynamo de Moscou revient à la charge. Un accord semble être trouvé, mais tandis que les derniers détails se règlent, un club francophone vient à la charge pour tenter de récupérer l’international français. Il s’agit de Lyon. Le choc est immense pour les supporters qui n’y croient pas. Valbuena, qui a passé neuf saisons à l’OM, ne peut commettre un acte aussi diabolique.

Et pourtant…Mi août, le club moscovite se fait prendre de court par le club rhodanien. Valbuena, pour un salaire mirobolant mais pas aussi conséquent que celui proposé par le club moscovite et contre 6 millions d’euros, s’en va devenir un Gone. La colère, la rage, la frustration envahissent le coeur des supporters marseillais, qui face à un telle rupture, ne peuvent vivre paisiblement. Le match OM/OL 2015-2016 s’annonce donc apocalyptique..

Mathieu VALBUENA – 11.08.2015 – Presentation du nouveau joueur de Lyon Photo
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