Interview de Jonathan Bru

Jonathan Bru, ancien milieu de terrain, a accepté de répondre à nos questions pour une interview portant sur André Villas-Boas, entraîneur qu’il a pu avoir lorsqu’il jouait à l’Académia de Coimbra. Il a donc pu nous donner sa vision de l’arrivée du coach portugais à l’Olympique de Marseille.

Bonjour Jonathan. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ? Quel est votre parcours ?
« J’ai choisi de mettre un terme à ma carrière de joueur professionnel depuis maintenant trois ans et je suis actuellement Directeur Technique Nationale de la Mauritius Football Association à l’Île Maurice. En parallèle de cette activité, je suis en cours de diplomation de ma formation de Manager Général au Centre de Droit et d’Économie du Sport (CDES) de Limoges, formation qui a été à la fois très enrichissante et importante afin d’assurer ma reconversion professionnelle. »
« J’ai représenté toutes les sélections nationales de jeunes de l’équipe de France, de 15 ans jusqu’aux espoirs. J’ai joué par la suite, dans trois pays différents (France, Portugal et Australie) et j’ai signé, à l’âge de 18 ans, mon premier contrat professionnel au Stade Rennais en 1ère division, où j’ai eu la chance de côtoyer de très bons joueurs tels que Yoann Gourcuff, Jacques Faty ou encore Petr Cech, mais aussi de très bons entraîneurs, tel que Lazlo Boloni avec lequel j’ai fait mes premiers pas en Ligue 1. Par la suite, j’ai eu la chance de collaborer avec Jean-Louis Gasset, René Girard, Villas Boas, Domingos Paciencia, et d’autres encore. »

« J’ai également été le capitaine de l’équipe nationale de l’Île Maurice de 2010 à 2016. J’ai été très fier de représenter cette équipe car j’ai toujours été très attaché à mon pays d’origine. J’ai vécu des moments très forts à l’Île Maurice, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis engagé à faire de mon mieux pour aider à développer le football à l’Île Maurice. »

Vous avez été sous les ordres d’André Villas-Boas durant une saison à l’Académia de Coimbra. Que retenez-vous de cette année 2009/2010 ?
« Ce que je retiens de cette année est que celle-ci a été difficile pour moi car j’étais dans un pays qui m’était inconnu : Le Portugal. Il s’agissait ainsi d’une culture et d’un football que je connaissais peu, bien que la ville de Coimbra soit très charmante et très accueillante. J’ai été très bien accueilli par tous les représentants du club, mais également par le pays en lui-même. C’était donc pour moi une année d’adaptation et de découverte dans un nouveau pays, avec de nouveaux challenges. »
« Cela a été également difficile pour le club car nous avions vécu une saison correcte, classé 6ème  en championnat et vivions un début de saison assez difficile. Nous avions gagné seulement un match en trois mois et nous étions dernier au classement jusqu’à ce que Villas-Boas arrive au club, en tant qu’entraîneur. Ainsi, tout de suite, Villas Boas a su faire la différence et créer une dynamique, ce qui a permis au groupe de regagner en confiance rapidement et de renouer avec la victoire face à Victoria Guimares (But d’Eder et Sougou). »

Comment se passaient les entraînements avec André Villas-Boas ? Étaient-ils difficiles ?
« Les entraînements de Villas Boas étaient plutôt cadrés et très basés sur le jeu. Il y avait beaucoup d’exigence et d’intensité. Les séances étaient très variées et n’étaient quasiment jamais les mêmes exceptées celles d’avant-match. »
« J’ai pris énormément de plaisir pendant les séances, qui étaient parfois longues, surtout pour les joueurs qui jouaient moins, ce qui est tout à fait normal. Il s’agissait du seul entraînement de la journée et cela nous permettait de pouvoir récupérer l’après-midi car la demande de Villas Boas était d’apporter le maximum d’implication à chaque entraînement. »

Comment se comporte-t-il avec ses joueurs ? Est-ce qu’il est proche d’eux ?
« Villas Boas était très proche de ses joueurs. Il est arrivé en tant qu’entraîneur très jeune et avait déjà un bon management et adoptait une relation de proximité avec nous. Il était très exigeant pendant les entraînements mais toujours très agréable. Il savait à la fois être très proche de nous mais une fois la casquette d’entraîneur posée, il était très professionnel et exigeant. « 

Quel style de jeu adopte-t-il ?
« Villas Boas est un entraîneur qui aime le jeu et qui a toujours entraîné des équipes habituées à la pression, et habituées à jouer le titre. Il était très porté sur l’offensif et la qualité du jeu restait un élément indispensable pour lui. En dehors de ce qu’il a connu à Chelsea, il a toujours su tirer le meilleur de ses équipes, qui ont très souvent démontré de la personnalité et du caractère, et tout cela certainement grâce à son management et son expérience. »

Que pouvez-vous dire sur l’homme, André Villas-Boas ?
« Villas Boas est un homme simple et généreux, et qui est à l’écoute de ses joueurs. Je pense que c’est l’homme qu’il faut pour l’Olympique de Marseille aujourd’hui et qu’il risque de surprendre car il reste peu connu en France.
Il a beaucoup d’expérience et sait transmettre son expertise à ses joueurs. Il sait récompenser les joueurs qui s’investissent et qui travaillent. »

Avez-vous des anecdotes à nous raconter sur lui ?
« Il a toujours suivi le Championnat de France et a toujours considéré Marseille comme un grand club. Il avait offert des places à Modou Sougou pour un match Benfica – OM et lui avait dit en milieu de semaine : « Tu peux t’absenter pour l’entraînement et va profiter du match avec ta femme. Tu rattraperas l’entraînement après et tu marqueras un but ». C’est ce que Sougou a fait quelques jours plus tard en Championnat, lui qui était fan de l’OM, équipe qu’il a rejoint par la suite. »

On imagine que vous avez suivi sa carrière d’entraîneur au fil des années. Qu’en pensez-vous ?
« Je pense qu’il a eu une ascension très rapide, ce qui était plutôt pas mal, mais se maintenir au très haut niveau reste l’élément le plus difficile. Son passage à Chelsea a un peu freiné cette ascension. Il avait très bien commencé à Tottenham, et a contribué à la relance de ce club dans le haut du classement. »

Que pensez-vous de son arrivée dans un club tel que l’Olympique de Marseille ?
« Je pense qu’il a déjà côtoyé des grands clubs, que ce soit avec José Mourinho en tant qu’adjoint à l’Inter de Milan ou à Chelsea lorsqu’il a été numéro 1. Il a été habitué à la pression, et je pense que c’est là où il est bon. Cela sera très intéressant de le revoir dans un championnat majeur, et dans un club mythique tel que l’Olympique de Marseille. »
« Je lui souhaite de pouvoir se relancer avec l’équipe de l’OM. »

Nous remercions sincèrement Jonathan Bru d’avoir pris sur son temps libre pour répondre à nos questions. Et un remerciement particulier à Guillaume Tarpi et à Eupho (Leuphoot) qui ont préparé cette interview.

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