Interview de Steve Mandanda à La Provence

Steve Mandanda à accordé une interview pour La Provence. Il a évoqué de nombreux sujets, voici l’interview en intégralité.

Le capitaine Olympien à d’abord évoqué l’equipe de France et sa remise en forme

« Ça m’est déjà arrivé cet été. Bien sûr, je préfère y être mais c’était normal de ne pas être dans le groupe. Et ce n’est pas un supplice de les regarder à la télé. Je fais partie du collectif, je vis le match avec passion, c’est mon équipe, mes partenaires et le résultat m’importe beaucoup, je vis le match à fond. Je suis de nature assez calme, je n’explose pas à chaque action, je ne plonge pas. Mais il peut m’arriver de pousser un cri, selon l’importance du match. À Salzbourg (demi-finale de Ligue Europa, en mai 2018), l’arrêt décisif de Pelé sur la tête de Caleta Car, ça a donné : « Oui ! Bien joué Yo ! Bien joué ! ». Je m’attendais à ne pas être convoqué. Celle de juin, vu mes performances, était logique en quelque sorte, mais j’avais malgré tout un petit espoir. Là, non. Ça me permet donc de continuer à travailler et de toujours me remettre en question. C’est l’ensemble de la saison qui m’a donné envie d’aller à Merano. Elle a été longue, compliquée, il n’y avait pas assez de temps libre pour partir. Donc, l’équipe de France arrivant en fin de saison, on a pu croire que c’était lié mais tout avait été difficile sur les plans physique et mental. Je savais que j’avais un mois pour récupérer et me préparer au mieux. En mai, Deschamps m’avait prévenu avant la publication de la liste. Je ne sais pas comment il fonctionne avec les autres joueurs, mais il a pris le temps et le soin de me prévenir avant. Sincèrement, je ne sais pas comment ça va se passer pour la sélection. Tout ce que je peux faire pour espérer être convoqué, c’est être performant avec l’OM et je me concentre là-dessus. Je ne me projette pas, je ne pense pas au futur. Ça a été dit et sorti une fois et on a fait une fixation là-dessus mais je n’avais pas quinze kilos en trop. Ce n’est pas ça qui a fait que je n’étais pas performant. Chez un joueur de foot, un sportif professionnel, ce qui compte, c’est la tête et je n’avais pas la fraîcheur mentale nécessaire pour faire les efforts et être là. »

« Je suis humain ; sur douze saisons à Marseille, c’est la première où je suis vraiment passé à travers. Ça peut arriver. L’essentiel est d’en prendre conscience et de relever la tête. Tomber, ça arrive à tout le monde, le plus important c’est de se relever et c’est ce que j’essaie de faire. La saison passée a été difficile mais enrichissante. On découvre les gens, les amis ou le milieu du foot. Ça permet de voir aussi si mentalement je suis costaud. Pour se relever, il faut être solide. Aujourd’hui, j’ai appris. À aucun moment le ballon ne prend la direction du but contre l À aucun moment le ballon ne prend la direction du but. Je me relève sereinement parce que personne ne suit. Je ne sais pas si ça a donné une certaine impression, mais je suis resté serein, je n’ai pas eu à bondir. N’importe quel gardien aurait pu récupérer ce ballon. ASSE. Je me relève sereinement parce que personne ne suit. Je ne sais pas si ça a donné une certaine impression, mais je suis resté serein, je n’ai pas eu à bondir. N’importe quel gardien aurait pu récupérer ce ballon. Quand on se sent bien, qu’on est décisif, performant, tout le reste va. Je me sens mieux physiquement mais c’est surtout ma fraîcheur mentale qui m’aide. C’est encore plus important pour un gardien. Tout se joue dans la tête. »

Il a ensuite évoqué ses sorties et les premiers matchs de la saison

« J’y vais parce que je me sens bien et que je sais que je vais l’avoir. Précédemment, je ne prenais peut-être pas le risque d’y aller. Si je suis frais mentalement, je lis le jeu plus vite, j’anticipe et je vais plus vite. Si je ne suis pas bien mentalement, même si je suis fit, ma lecture du jeu sera en retard d’un dixième de seconde. C’est un cercle vicieux : perte de confiance, contre-performance, donc de nouveau perte de confiance, etc… Il faut réussir à inverser cette tendance, à être en confiance, donc performant et ainsi de suite ; ça a été d’autant plus compliqué sur un plan personnel que ça l’était pour l’équipe. À un poste exposé, on est vite montré du doigt. Quand on est décisif et que d’un coup, on ne l’est plus, ça choque. Nous avons tous été moins bons, mais chez un gardien, ça se voit encore plus. C’est aussi la beauté de ce poste. J’ai pu être vexé, touché par certaines critiques, certaines remarques, mais en aucun cas, je ne suis revenu avec de la haine. J’ai eu des vacances qui m’ont fait énormément de bien, si j’avais pu avoir une semaine de plus, ça se serait bien passé. J’ai été content de rejouer, mais sans impatience, sans envie supplémentaire de dire que j’allais prouver quelque chose. »

Ensuite, il a parlé du capitanat ainsi que ses cleansheets

« Ça nourrit surtout l’exemplarité. Avec le brassard, on se doit d’être irréprochable. On ne fait pas tout bien, mais ça m’oblige encore plus à faire ce qu’il faut, sur le terrain et en dehors. Pour en revenir à la saison dernière, on a souvent dit que je n’étais pas performant parce que je n’avais pas le brassard. Or, ce n’est pas ça, la première saison de mon retour, je n’avais pas le brassard et j’ai été élu meilleur gardien du championnat. Ce qui est malheureux, c’est qu’on a sorti une phrase d’un contexte et on en a fait tout un pataquès. J’avais envie de dire : « Arrêtez ! Je ne suis pas performant, j’ai cinq kilos en trop mais restez là-dessus, n’allez pas chercher des problèmes là où il n’y en a pas ». À chercher une explication, autant trouver la bonne. Bien sûr. Contre Saint-Étienne ou Nice, on n’a pas concédé beaucoup d’occases ; nous sommes solides. Nous aimerions faire mieux dans le jeu, jouer au ballon comme le veut le coach. Mais si on est solide, qu’on ne prend pas de but, on a plus de chances de gagner, de prendre des points. Les dix joueurs de champ font les efforts pour récupérer le ballon et offensivement, on a les qualités pour débloquer un match. Mais je reste méfiant. Je sais que les saisons sont longues, nous aurons des passages difficiles. Nous avons démarré par une défaite et un nul, nous étions à jeter, tout était pourri, nous étions nuls. Deux matches après, on a gagné, recollé et ça y est, l’OM revit ! C’est ainsi ! À nous de rester lucides, concentrés pour avoir de la continuité. »

« Nous sommes plus tranquilles. La première semaine après Reims a été longue. Là, avec sept points, deux succès d’affilée, on est plus serein ; Mais ça vient très vite : match à Monaco, enchaînement derrière, attention ! Nous ne pouvons pas nous relâcher, sinon ça peut basculer. Mais il vaut mieux être dans cette situation. Tout ce que je peux faire pour espérer être convoqué chez les Bleus, c’est être performant avec l’OM. Rien n’est parfait, mais il faut laisser encore un peu de temps. Nous avons un super coach, proche des joueurs, avec de bonnes idées, qui veut jouer vers l’avant. Aujourd’hui, dans le jeu, on ne le ressent pas mais nous avions besoin de confiance pour jouer libéré. Les deux premiers résultats ne nous ont pas aidés. Petit à petit, la confiance revient et j’espère qu’on va pouvoir développer le jeu demandé par le coach. »

Avant d’enchaîner sur les concurrents et le podium

« C’est sûr qu’avec notre parcours européen en 2018, nous avions perdu quelques points en championnat, mais je ne suis pas trop du style à regarder les autres. Gagnons nos matches pour être en haut du classement, que les autres jouent en Europe ou pas, leur parcours n’est pas mon problème. Le mieux est que les clubs français aillent le plus loin possible pour l’indice UEFA. Certains préfèrent jouer tous les trois jours pour garder le rythme, d’autres un match par semaine. N’oublions pas que la coupe d’Europe nous a aussi donné de l’allant. Nous aurons un peu plus de fraîcheur, ce qui est bien avec un effectif qui n’est pas hyperlarge. Mais sur le plan personnel, je préfère jouer tous les trois jours. Nous sommes sur une bonne dynamique et même quinze jours après, nous restons sur deux succès. Ce ne sera pas le Monaco de la première journée mais il faut jouer contre de bonnes équipes pour pouvoir se jauger. »

« Nous n’avons pas eu de victoire contre les gros du championnat, c’est un fait réel sur lequel on ne peut pas débattre. Mais que ce soit Monaco, Lyon, Lille, ce qui importe c’est de gagner. Battre ce genre d’équipe, ça apporte plus de confiance, mais trois points contre un top de Ligue 1 ou un promu, c’est toujours trois points. L’important, c’est d’être régulier. Ça va être compliqué, mais à Marseille, on doit être ambitieux et donner le maximum pour que le club soit le plus haut possible. L’OM avec son stade, ses supporters, son histoire doit être en haut. L’an dernier, nous avons failli, nous devons donc avoir des objectifs élevés, mais ce sera dur. Le groupe est de qualité mais réduit et avec les petits pépins qui peuvent survenir au long d’une saison, il faudra du caractère, de la solidarité. C’est l’objectif de tout footballeur de haut niveau mais ça passera par mes performances avec l’OM. Il y a des étapes : avant de penser équipe de France, Euro, il s’agit d’être bon ici. La priorité, c’est l’OM, qui peut me permettre de retrouver la sélection, en étant régulier. Dès lors que j’aurai fait mon maximum et tout donné pour mon club, la décision ne m’appartiendra plus. »

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