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Robert Louis-Dreyfus : une histoire d’amour amère

Le 4 juillet dernier, nous repensions à cet homme qui quittait ce monde 11 ans auparavant. Il est donc temps pour nous de revenir sur son passage à l’OM, sur ce qui fait que nous nous souvenons si bien de lui.

Qui est-il ?

Né dans la capitale française en 1946, on le surnomme souvent RLD. Il est un homme d’affaires spécialisé dans la téléphonie et le football.
Robert, on peut le dire, a eu une jeunesse assez mouvementée. Sa famille est riche et il en est l’héritier. Ses études ne se déroulent pas de la meilleure des façons, l’intégration est difficile et les résultats derrière ne sont pas satisfaisants.

Il passe par la case armée avant de filer vers le monde de la finance, domaine qui se rapproche le plus de son statut pour lequel on le connaît le mieux aujourd’hui. Au point de devenir doué au poker et d’étoffer sa fortune. De l’argent qu’il pourra dépenser par la suite quand il décide de rentrer à la Harvard Business School. Grâce à cela, il engrange de l’expérience et se forme un réseau de connaissances.

Il finit par quitter le groupe familial (Louis-Dreyfus) pour s’imposer en tant que chef d’entreprise. À la tête de plusieurs groupes importants, entre autres Adidas ou encore Neuf Cegetel, il a tout d’un homme d’affaires avant d’arriver à l’OM, doué dans la gestion financière et friand d’ambition.

L’OM et lui

Son arrivée en Phocée

Toujours intéressé par le monde footballistique, il tente une première candidature à la présidence de l’AS Saint-Étienne au début des années 90. Sans succès… C’est donc vers l’Olympique de Marseille qu’il se tourne, en décembre 1996. Il gagne sa place face aux groupes IMG et Tati. Robert Louis-Dreyfus devient actionnaire et président du club marseillais. Il succède à Bernard Tapie – ou plutôt SEM en tant que propriétaire – et à Jean-Claude Gaudin et Jean-Michel Roussier pour la présidence.

Sportivement, l’équipe vient tout juste de remonter en D1. C’est donc plein d’espoir encore, que le peuple marseillais voit débarquer le Franco-Suisse. De nouveaux joueurs arrivent lors des saisons suivantes, tels que Blanc, Ravanelli ou encore Dugarry. Les beaux jours se font sentir, l’OM sort la tête de l’eau grâce au vent de fraîcheur du changement. La fin du siècle se montre un peu plus agréable quant aux résultats. La saison 1999-2000 fera cependant exception.

Quelques mésaventures

Les problèmes financiers à l’OM ne datent pas d’aujourd’hui. Au début des années 2000, le club est à un rien de retrouver la deuxième division mais RLD sauve les meubles en investissant un peu plus encore… Tandis qu’il tente de soigner sa leucémie, détectée récemment. L’obligeant d’ailleurs à déléguer ses tâches de président (à Yves Marchand à l’époque).

L’équipe, emmenée par de nombreux entraîneurs (21 changements du vivant de RLD), doit attendre 2002-2003 et l’appellation « Ligue 1 » ainsi que le championnat à 38 journées pour revoir le podium.

Puis des conflits internes se mêlent à un procès pour abus de biens sociaux en 2006. Ce que l’on appellera « l’affaire des comptes » accuse plusieurs personnes en lien avec l’OM, dont RLD, d’avoir détourné de l’argent afin de payer certains transferts.

Trois ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende pour l’actionnaire de l’OM. L’affaire prend fin bien après, les peines sont allégées et celle de RLD tombe à 10 mois de prison avec sursis et 200 000 euros d’amende.

En parallèle, Louis-Dreyfus a pour souhait de lâcher le club pour quelqu’un d’autre. C’est donc en janvier 2007 que Jack Kachkar, homme d’affaire canadien, se présente comme un potentiel acheteur. La vente est actée, mais trop rapidement apparemment. Le futur néo-propriétaire semble ne pas savoir rassembler l’argent nécessaire. RLD se lasse et décide de stopper la vente du club, quand bien même une offre de 100 millions venait de tomber sur la table.

La valeur de l’OM double et le propriétaire suisse ressent un nouveau boost grâce à une aisance financière de nouveau présente, à la présidence de Pape Diouf comme appui et à des résultats sportifs bien meilleurs.

Et le ballon rond dans tout ça ?

En parallèle, le ballon continue de rouler sur le rectangle vert. Malgré les magouilles dans les coulisses, les joueurs sont présents, les supporters également.
La saison 2003-2004 est marquée par une finale d’Europa League et le passage de Didier Drogba dans les rangs marseillais. Perdue face à Valence (0-2), le parcours reste un égayement dans une période plus que moyenne depuis le sacre en Ligue des Champions.

Avec les condamnations de l’actionnaire et la gestion imparfaite qu’il propose, les supporters commencent à s’échauffer et sortent les banderoles.

Mais les résultats se stabilisent en championnat et l’OM garde le cap sur le podium et donc les coupes européennes.

Mais le seul trophée que l’équipe aura gagné est une coupe intertoto en 2005. Le palmarès est donc maigre et ne s’étoffera qu’après sa disparition, avec Deschamps comme coach.

Les millions investis auront servi à de belles transactions et à la remise à niveau de l’effectif, mais sans vrais résultats derrière. Les victoires se sont concrétisées avec quelques années de retard…

L’après Robert Louis-Dreyfus

Le championnat n’est pas terminé lorsque le peuple marseillais apprend la triste nouvelle. Robert Louis-Dreyfus succombe des complications dues à sa leucémie, mais l’hommage est grand de la part des supporters.

À la suite de son décès, le centre d’entraînement de l’Olympique de Marseille est rebaptisé à son nom. Et il l’est toujours aujourd’hui.

Inauguration du centre d’entraînement par Jean-Claude Gaudin et Jean-Claude Dassier.

Sa femme, Margarita, reprend les rênes du club en devenant la nouvelle actionnaire majeure par le biais du groupe Louis-Dreyfus. Elle souhaite, en la mémoire de son défunt mari, continuer ce que ce dernier avait entrepris avec l’OM.

Elle débarque et doit jongler avec le changement d’entraîneur (Deschamps à la place de Gerets) ainsi que du président (Dassier à la place de Diouf). Des remplacements effectués par Robert lui-même quelques semaines avant de mourir.

Finalement, après des années de gestion, elle décide de laisser le club au plus offrant en 2016, lassée par les efforts que demande la direction d’un club de football.

Aujourd’hui, l’OM et ses supporters gardent un souvenir fort de Robert Louis-Dreyfus. Certains l’ont positif, d’autres moins… Mais les 13 années qu’il a pu offrir au club phocéen ne sont pas anodines et restent dans l’Histoire du club. Par les transferts, les résultats et les événements en coulisses. Peu importe ce qu’on retient de cette ère, l’hommage est justifié.

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