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[Interview] OM Nation Singapour : la passion dans la ville du lion

Après la présentation des OM Nation de Los Angeles, de Santiago, d’Abidjan et de Tokyo, nous rencontrons aujourd’hui les membres de l’OM Nation Singapour. Dans cette métropole protéiforme surnommée « Ville Jardin » et possédant l’un des plus grands ports au monde, les expatriés français y font vivre le football, comme nous l’ont raconté Sylvain et Ludovic, qui gèrent le groupe de supporters qu’ils ont créé. Ils mènent également de nombreuses activités sportives et sociales en parallèle. L’activité de l’OM Nation Singapour est à retrouver sur Instagram, sur Facebook et sur Twitter.

Les groupes du programme OM Nation étaient peu connus du grand public jusqu’à la récente crise traversée par l’Olympique de Marseille. Plusieurs personnes découvraient alors des supporters vivant et faisant partager leur passion aux quatre coins du globe. Même après ce marasme, le mystère demeure encore quant à ce qu’ils sont, leur fonctionnement et leurs origines. Après un article revenant sur le programme OM Nation, nous réalisons ainsi une série d’interviews de ces différents groupes de supporters.

Comment êtes-vous devenus supporters de l’Olympique de Marseille ? Qu’est-ce qui, dans l’histoire de l’OM a provoqué votre amour pour le club ?

Sylvain : Mon cousin était pro à la fin des années 1980 et au début des années 1990 à Marseille, Patrice Eyraud, et donc depuis 1987/1988 je supporte le club. C’est né comme ça, je suis allé au stade voir les matchs, c’était une fierté dans la famille d’avoir un cousin qui jouait dans ce club aux côtés de Papin, Waddle, Francescoli et consorts… C’était assez incroyable de voir ce minot au milieu de toutes ces stars.

Puis ça a continué, j’ai continué à suivre l’OM, le dernier joueur marquant selon moi à Marseille ça a été Ribéry en 2006. Avant il y a eu Drogba, en 2003, parce que ça faisait longtemps à l’époque qu’on n’avait pas eu un attaquant de ce niveau, resté une saison, j’ai failli chialer d’ailleurs quand il s’est barré, j’avais fait toute la campagne d’Europa League. J’ai fait tous les matchs à domicile jusqu’à la demi-finale contre Newcastle et son fameux but…

Ludovic : Je ne suis pas marseillais mais angevin à l’origine, mais j’aime l’OM parce que j’étais un grand fan de Jean-Pierre Papin, j’ai un peu vu toutes ses vidéos, j’ai suivi le club quand il a commencé à y jouer… Puis après la période Papin il y a eu évidemment la Champions League, la meilleure équipe qu’on ait jamais vue avec Bernard Tapie. Je devais avoir dix ans. C’est là que la passion est née, l’engouement pour le club… Je me suis retrouvé dans cet amour, dans cette ferveur. C’est comme ça que je suis devenu un grand fan de l’OM.

Comment vous est venue l’idée de créer un groupe de supporters de l’OM à Singapour et étiez-vous déjà structurés en tant que groupe auparavant ?

Ludovic : Non, nous n’étions pas structurés en matière de groupe, il n’y avait pas de rassemblements de supporters marseillais. J’ai découvert le programme OM Nation en 2018 quand ça a démarré et j’ai gardé ça dans un coin de mon esprit. Je me disais que ça arriverait peut-être un jour à Singapour. Deux ans après, rien ne s’était passé.

Un soir, pendant le confinement, nous étions 4 ou 5, dont plusieurs supporters de l’OM. J’ai proposé que l’on crée un groupe WhatsApp, nous étions déjà 4 donc, sur les trente personnes nécessaires pour fonder un OM Nation. En l’espace d’une heure et demie, vu que je joue au foot dans un club de français à Singapour et que j’y connaissais Sylvain et d’autres qui supportent l’OM, nous étions une vingtaine. Puis ça a été facile grâce aux connexions des uns et des autres d’arriver jusqu’à trente, quarante même. Aujourd’hui, on est une cinquantaine ou une soixantaine je pense. Suite à ça, mi-septembre, on a rempli tous les requirements pour devenir un OM Nation. Cela nous a permis de faire plus de promotion et de récupérer de nouveaux membres.

Sylvain : Si je peux me permettre de faire un parallèle, pendant le confinement l’an dernier on discutait du vieux serpent de mer qu’est la vente de l’OM. Un des mecs avec qui je discutais me demande pourquoi je ne crée pas le groupe OM Nation à Singapour. Moi, je ne connaissais pas du tout cette appellation. J’ai regardé sans y prêter plus attention que ça, puis quand Ludovic est venu vers moi avec cette proposition en septembre, j’ai rejoint l’aventure. J’y participe activement maintenant, on a fait des cartes de membres, des masques OM Nation… On marche vraiment à la ferveur et on voit que l’OM c’est vraiment très spécial.

Vous avez en partie répondu à la question que je comptais vous poser, a-t-il été difficile de trouver un réseau de supporters de l’OM à Singapour et de souder ce groupe ?

Ludovic : Cela n’a pas été difficile du tout. En tout cas pour les trente premiers ça a été assez simple, et c’est dû à notre réseau. On joue au foot, on a aussi un groupe de pétanque dont je porte le t-shirt actuellement, qui dit pétanque dit supporters marseillais ! Après il faut participer à OM Prime, les prix ont changé et je crois que c’était cinq euros pour l’année. C’était très abordable. D’autant plus qu’on allait avoir de vrais avantages avec cet OM Nation.

J’ai justement une question par rapport à l’OM Prime, savez-vous si ces cinq euros par an valaient pour les personnes ayant pour objectif de faire partie d’un OM Nation ou était-ce le même prix pour tout le monde ? Ce n’est pas la première fois que j’entends ou que je lis que ce tarif est en vigueur, mais j’avais l’impression que pendant un temps c’était plus cher, peut-être cinq euros par mois… Pouvez-vous m’éclairer ?

Ludovic : Alors, ça a changé. C’était peut-être cinq euros par mois auparavant, mais nous, lorsque nous sommes arrivés c’était déjà cinq euros par an.

Sylvain : Il y a aussi un changement qui s’est opéré dû au Covid. Et je crois que dans l’ancien abonnement, il y avait d’autres avantages qui permettaient peut-être plus facilement de rencontrer des joueurs par exemple, chose qui n’est pour l’instant plus possible aujourd’hui. L’offre est plus concentrée sur le numérique et sur le digital, du coup ils ont fait baisser les prix fortement. D’ailleurs lorsque nous avons eu des contacts avec d’autres OM Nation, ils étaient un peu surpris du changement de tarif. Ils avaient peut-être payé vingt ou trente euros pour l’année.

Et pour en revenir à ta question, au-delà des supporters de l’Olympique de Marseille que nous avons assez aisément trouvés, tu ne vas pas rencontrer beaucoup supporters français dans la ville de Singapour. Ici, c’est le championnat anglais qui est le plus diffusé. Donc tu vas voir des gens porter des maillots de Manchester United, Arsenal, de Chelsea ou de Manchester City… D’autres gros clubs européens aussi type Real Madrid ou Barcelone, voir Dortmund ou la Juve…

Niveau français, on voit pas mal d’éléments liés au PSG. Je l’ai vu en 2013, Zlatan Ibrahimović a un peu fait exploser le marketing, le merchandising du PSG. Pour le cas de Marseille, ce sont vraiment des fans aujourd’hui que tu trouveras. Il n’y a pas cette visibilité du club à Singapour. Ce sont vraiment des gens qui connaissent le club et qui le supportent. En termes d’image on est encore loin derrière mais on espère que cela va changer !


Avez-vous des anecdotes d’événements marquants survenus ces dernières années ? Au sein de l’OM Nation ou avant votre formation ?

Ludovic : Oui, et c’était top ! Alors, c’était très difficile à l’époque de trouver un bar – et pourtant il n’y avait pas le Covid – qui diffusait nos matchs d’Europa League en 2018. Et on en a trouvé un, tenu par un joueur de foot qui rouvrait son bar pour qu’on puisse suivre les matchs. Parce que nous notre problème, c’est les horaires ! Les matchs c’est à 3h ou 4h du matin. Et il nous laissait son bar ouvert jusqu’à 5h. On était une trentaine à l’époque. Je crois que c’est le premier rassemblement de supporters marseillais que j’ai fait à Singapour.

Et tu as peut-être gardé certains de ces contacts pour fonder par la suite l’OM Nation Singapour ?

Ludovic : Exact. 50 % de ceux qui étaient déjà de ce rassemblement étaient dans notre équipe de foot. Nous sommes 80 joueurs environ. 15-20 venaient donc du club puis on a gardé contact. Mais là c’était l’événement pour les demi-finales et la finale, nous n’avions jamais fait cela pour le championnat par exemple. C’est difficile de trouver quelqu’un qui va diffuser les matchs de Ligue 1.

Sylvain, as-tu des souvenirs d’événements marquants de ce type ?

Sylvain : Pas vraiment, je n’ai malheureusement pas trop eu l’occasion d’expérimenter cela ici mais ça aurait été top. Avec ce Covid, tous les événements de ce type sont flingués. Même le peu de matchs diffusés à 15 heures, 22 heures ici, ça aurait été gérable. Mais pas de rassemblements possible. Par contre, on l’avait fait pendant la Coupe du Monde pour les matchs de l’équipe de France. Ce sont des souvenirs à créer à l’avenir pour l’Olympique de Marseille !

Avez-vous des projets sur le court ou sur le long terme pour votre OM Nation ? Des choses sur lesquelles vous travaillez actuellement ?

Ludovic : On a lancé un projet il y a peu de temps, un club de futsal OM Nation, il y a un mois. On participe à une ligue de fan clubs. Il y a l’Atlético de Madrid, Manchester City, le PSG… Cela donne de la visibilité aux fan clubs et à notre OM Nation. On a battu le PSG la semaine dernière d’ailleurs ! Je pense qu’on fera d’autres activités de ce type. Dès que le Covid sera passé, on veut évidemment organiser des choses et trouver où regarder les matchs.

Actuellement on ne peut pas se réunir à plus de huit personnes et les bars ferment tous à 23h. Donc on n’a pas de lieu où aller voir les matchs à minuit ou à 2 ou 3h du matin. Sylvain prépare certaines choses aussi, avec des masques de notre OM Nation. À long terme, on aimerait bien impliquer plus de locaux. Aujourd’hui notre fan club c’est du 100 % français, pour être honnête. Il n’y a pas de supporters Singapouriens qui s’intéressent au club ici. Donc comment changer cela, en organisant des activités, avec des académies de football. On pourrait accompagner quelques enfants qui jouent au foot, s’engager pourquoi pas dans une forme de caritatif aussi… Apporter de la visibilité à la marque OM !

Sylvain : Oui, il faut reconnaître que cette limite de huit personnes et les bars qui ferment tôt empêchent beaucoup de choses. Ludovic avait un accord avec le bar-restaurant avec lequel nous sommes partenaires pour aller voir les matchs. Donc on ne peut pas gérer cette visibilité et cette animation tout à fait comme on le souhaiterait. On va voir ce qu’on peut faire à huit. On a pu faire quelques apéros quand même, ça permet de garder un lien. Il y a aussi nos masques OM Nation. C’est un signe de ralliement, on se reconnaît là-dedans, on se rapproche de Marseille. On organise aussi de temps à autre des concours sur des matchs. On en a organisé un pour le match Marseille-Paris en faisant gagner un jeu Fifa 21.


Quelles ont été les exigences pour accéder au programme OM Nation ? Quels en sont les avantages ?

Sylvain : Comme on l’a indiqué, ce sont les trente membres ayant cotisés cinq euros pour l’OM Prime.

Ludovic : Les avantages il y en a pas mal. On recoit un package avec des goodies, un maillot signé par les joueurs, c’est sympa pour l’appartenance.

Sylvain : On a une pancarte aussi !

Ludovic : Oui une grande bannière aussi. On peut s’en servir dans différents contextes, dans un bar sponsor par exemple et on va l’utiliser au futsal aussi. Le club donne un réel support aussi. Cela apporte de la visibilité, sur les réseaux notamment. Ils nous ont par exemple dit que lorsqu’on jouera face au PSG en futsal, on devrait faire un mini-reportage qu’ils repartageront. Une personne du club est censée venir inaugurer notre OM Nation aussi. Je crois que Villas-Boas avait été aux Etats-Unis à l’époque par exemple. Dans notre cas, nous avons démarré notre projet en septembre donc on a vu personne débarquer encore mais j’espère que vers la fin 2021, si les choses vont mieux, que quelqu’un du club viendra. Un joueur, un membre du staff, pour organiser un évènement… on l’attend avec impatience !

Comment avez-vous vécu cette période récente de crise au sein du club ? Comment avez-vous agi ou réagi ?

Ludovic : Je ne vais pas trop parler de la crise en elle-même mais plutôt de comment on a réagi. On a pas pris position directement, on a attendu. On a écouté, on a mis en pause nos actions, on ne postait plus de contenus, mais sans faire de déclaration pour autant, ni de communiqué. L’important était de se laisser du temps. On a fait voter nos membres, sans décider seuls avec Sylvain, on leur a demandé ce qu’ils pensaient de la situation et de ce que l’on devait faire. La difficulté était que l’on avait lancé le projet six mois auparavant et on était assez contents de son évolution, on ne voulait pas prendre de décision trop rapide. On comprenait les supporters cependant.

Sylvain : J’ai la même lecture des évènements que Ludovic, on a voulu laisser passer du temps et observer, être neutres d’une certaine façon. Pour être franc, ça m’aurait énormément irrité de mettre fin au projet au vu du temps qu’on y a passé. C’est vraiment un travail et un temps investi énorme auprès de la communauté de supporters, afin de faire adhérer les gens à ce projet et lancer l’activité. Donc non, nous ne nous voulions pas sortir d’un coup du programme OM Nation comme ça. Après des concertations internes et un référendum, nous avons décidé de rester.

Ludovic : Ce qui n’empêche pas d’avoir compris la colère et le mécontentement des supporters. On a eu plusieurs réflexions autour de cela, et ne pas pouvoir aller au stade ça empêche aussi de communiquer directement en tant que supporter.

Quels contacts avez-vous eus avec l’Olympique de Marseille jusqu’ici ? Que ce soit dans la genèse du projet de création OM Nation, avec certains joueurs ou avec certains dirigeants, et comment cela s’est-il déroulé au vu de la crise sanitaire ?

Ludovic : Il me semble avoir fait deux ou trois réunions. J’y ai échangé avec Ouvrard lors de la première, puis avec Longoria, il y avait parfois jusqu’à une quinzaine de membres d’OM Nation et on posait chacun une question. On a aussi eu un membre de notre groupe sélectionné par tirage au sort pour discuter avec Nasser Larguet, qui était à l’époque en charge du centre de formation. C’était très sympa, ça animait la communauté. Puis il y a eu une réunion de crise avec Ouvrard et avec Jérémy, qui s’occupe du programme OM Nation, ça a été froid et direct, vraiment une rencontre intense. C’est à peu près tout.

Sylvain : Et on a des contacts réguliers, chaque semaine, avec des personnes qui s’occupent d’animer le réseau OM Nation. Avec Jérémy, avec un certain Pablo (mais pas Longoria ni Fernandez !), on nous envoie des affiches, des questions, des enquêtes qui ont à voir avec les OM Nation, avec le merchandising. Une proximité qui fonctionne bien.

Ludovic : On passe par WhatsApp principalement. On a différents groupes et les relations sont directes, on peut poser des questions directement à n’importe quel moment. Les rencontres comme évoquées précédemment ce sont plutôt des échanges par vidéos. Ce que j’attends et que j’aimerais c’est que les programmes d’échanges directs continuent. Et personnellement j’aime le tirage au sort qui fait que n’importe qui peut être sélectionné pour échanger avec un membre de la direction. Et pour revenir sur la création de l’OM Nation, j’ai contacté une personne lorsque nous n’existions pas encore, via un réseau social, qui m’a répondu dans l’heure et m’a donné le contact d’une autre personne. Dans les 24h, j’avais une réponse et les informations sur le processus de création du groupe.

Donc beaucoup de fluidité dans la création de votre OM Nation à Singapour ?

Ludovic : Super fluide. On nous a donné des conseils, on nous a dit qu’il était bien d’être deux pour animer l’OM Nation. En un mois et demi ou deux mois, c’était fait !

Merci beaucoup à Ludovic et à Sylvain qui nous ont accordé cet entretien. Nous leur souhaitons une bonne continuation dans la structuration et le développement de leur OM Nation et dans le souhait d’obtenir de la visibilité à l’Olympique de Marseille et à Singapour. Nos interviews avec les membres d’OM Nation sont à retrouver de façon hebdomadaire sur notre site.

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