Lopez, lutter pour s’imposer

Relégué sur le banc, puis aligné sur l’aile face à Lyon, le milieu de poche olympien traverse une période particulière. Victime du retour en grâce de Sanson et de l’adaptation éclair de Rongier, ‘Max’ a vu la concurrence prendre le dessus dans le milieu à trois de Villas-Boas. Bien que ses performances soient loin d’être scandaleuses…

Le 100 marseillais

Il faut le rappeler : Maxime Lopez est un très jeune joueur. Celui qui fêtera dans quelques jours ses 22 printemps a déjà honoré une dizaine de titularisations cette année, pour 11 matchs disputés au total. L’enfant du Burel aura l’an prochain 10 ans d’histoire commune avec l’OM. Lopez est passé professionnel en 2014. Il a enchaîné les matchs, depuis ce fameux 21 août 2016 où il a écrit le chapitre initial de son histoire avec l’équipe première. C’était hier, nous semble-t-il, mais le minot a fait du chemin depuis et célébrera bientôt sa 100ème en Ligue 1. Il en est actuellement à 97 capes. Toutes avec l’OM, comme une évidence.

Un début de saison sans réelle concurrence…

N’ayant pas disputé une seule minute de la journée d’ouverture face à Reims, Lopez sera titularisé la semaine suivante, aux dépens de Strootman et aux côtés de Sanson et Luiz Gustavo. Or, le départ du Brésilien la semaine suivante lui offrira une importance de choix dans le 4-3-3 marseillais. Il ne quittera d’ailleurs plus le onze de départ entre la 2ème et la 7ème journée. Au cœur du jeu, le même schéma se répète alors, semaine après semaine : Strootman devant la défense, Lopez et Sanson à la construction. Le bilan comptable est correct -avec 3 victoires et 3 nuls- surtout compte tenu des absences avec lesquelles Villas-Boas doit composer. Dans la hiérarchie, il sera difficile pour des Khaoui et Chabrolle, trop justes, de le déloger de l’équipe-type. Quant à Valentin Rongier, fraîchement arrivé de Nantes début septembre, il est alors en pleine phase d’adaptation.

… et des statistiques pourtant favorables

Les chiffres de ce premier tiers de saison, eux aussi, parlent pour lui. Il est le meilleur réalisateur du club pour ce qui est des passes décisives, avec 3 offrandes au compteur. Deux d’entre elles sont d’ailleurs d’importance capitale, car elles ont contribué à la victoire 4-3 à Monaco, et au dernier succès en date, face à Lyon. En soi, ce total peut ne pas impressionner, mais il le situe au 7ème rang des passeurs du championnat. Plus important encore, il est le meilleur pourvoyeur de ballons d’une équipe qui marque peu (16 buts seulement), ce qui le rend d’autant plus indispensable.

Pour les éternels insatisfaits, deux chiffres rendront incontestable son apport dans le jeu olympien. Selon Sofascore, 90% des passes tentées en Ligue 1 par Maxime Lopez ont trouvé un coéquipier. Un chiffre qui monte à 94% dans sa propre moitié de terrain, mais surtout qui se maintient à 84% dans le camp adverse ! Une efficacité redoutable sur laquelle pourra -et devra- s’appuyer Villas-Boas pour que l’OM commence enfin à empiler les buts.

À l’image de ce duel rugueux avec le Lillois Soumaoro, le minot ne devra rien lâcher s’il veut continuer à briller dans le onze de Villas-Boas. Le fait de muscler son jeu pourrait d’ailleurs lui faire passer un palier.
Un trio de choc… pour deux places

L’arrivée de Rongier est le premier événement majeur à avoir rebattu les cartes dans l’entrejeu marseillais. Venu remplacer numériquement Luiz Gustavo parti en Turquie, l’ancien Canari évolue cependant dans un autre registre, plus haut sur le terrain. L’équation est alors plus complexe pour Lopez. Le Brésilien parti et Rongier arrivé, Strootman se retrouve seule sentinelle… et le groupe est renforcé d’un relayeur supplémentaire. Cette arrivée est donc évidemment synonyme de concurrence pour l’international Espoir. À la concurrence de Sanson s’ajoute donc celle de Rongier. Et depuis l’intronisation de ce dernier comme titulaire face à Rennes, il n’a plus jamais renoncé à cette place en championnat. C’est d’abord Sanson qui en a fait les frais, puis Lopez sur les dernières confrontations. Il faut dire que l’ancien Montpelliérain a su se mettre au diapason et lui comme Rongier ont fait preuve d’un abattage impressionnant.

Cet OM qui se cherche encore a besoin de combattants. Dans cette rude bataille du milieu de terrain, il faut gagner des duels pour se rassurer. Une situation qui n’est donc pas à l’avantage d’un Lopez un peu trop frêle. Porté sur la technique bien plus que sur le physique, cet aspect demeure un gros point faible de son jeu. L’équipe a aussi besoin de bien défendre avant tout. C’est ce qui ressort de chacun de ces victoires, toutes obtenues par un but d’écart. Qui dit défense dit répétition des longues courses, des efforts. Un registre qui ne sied pas non plus au numéro 27 olympien. La dynamique actuelle n’abonde pas dans son sens, mais son profil très technique, si particulier, sera nécessaire à l’équipe.

Un bouleversement tactique dans l’entrejeu

Tout récemment, un autre choix tactique majeur de Villas-Boas a changé la donne : le replacement de Kamara. Avec l’accumulation des mauvaises sorties de Strootman, le technicien portugais s’est vu contraint d’essayer quelque chose de nouveau. Le Batave ayant pris place sur le banc, Kamara l’a remplacé, laissant pour charnière une belle association entre Ćaleta-Car et Álvaro. Mais revenons au cas de Lopez.

Alors que l’on aurait pu s’attendre à voir Rongier descendre d’un cran, il n’en est rien. La réorganisation tactique est même une réussite et cantonne le jeune milieu à sa chasuble. Alors, le coach l’excentre à des postes inhabituels, comme face à Lyon où il est titularisé à l’aile. Un poste auquel il remplit certes plus une fonction de meneur que de véritable ailier, mais qui en fait le perdant d’un milieu à trois Kamara – Sanson – Rongier qui se montre de plus en plus alléchant. Il a toutefois été préféré à un Germain qui semble avoir perdu de précieux points. Par contre, le désaveu de Strootman au poste de sentinelle en fait implicitement un candidat potentiel comme milieu relayeur.

Plusieurs axes de travail

Si le style d’un joueur fait partie de son identité, il existe des axes sur lesquels Lopez peut néanmoins travailler. Sa qualité de passe n’est déjà plus à prouver et constitue un atout remarquable. Vis-à-vis de l’impact et de la puissance, c’est une autre histoire. Son petit gabarit ne lui permet pas de s’imposer physiquement, mais des alternatives s’offrent à lui pour être efficace à la récupération. Sa vivacité, combinée à un centre de gravité bas, lui permet d’être extrêmement mobile. En lisant le jeu de l’adversaire aussi bien qu’il lit celui de ses partenaires, ses interceptions pourraient se multiplier. Ainsi, sans rechercher le contact, son sens de l’anticipation pourrait devenir la clé de son jeu défensif. D’un point de vue offensif, il faut surtout souhaiter que ses offrandes soient converties en buts. À moins qu’il ne se mette lui-même à faire trembler les filets…

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