Valère Germain : entre difficulté et espoir

Valère Germain, 29 ans et Marseillais de naissance, semble avoir des difficultés à trouver sa place dans le cœur d’André Villas-Boas. Avec la venue de Darío Benedetto, il cire de plus en plus le banc des remplaçants. A croire, qu’il ne sera jamais le vrai attaquant de l’OM. Retour sur ses performances mitigées, qui le recroqueville dans un coin du vestiaire.

Entre Nord et Sud

Dans la lignée de son père, Bruno Germain, Valère fait ses débuts dans le football très tôt. À seulement 4 ans, il joue à Cassis, avant de s’envoler pour Orléans, d’où son père est originaire.

C’est avec l’AS Monaco qu’il va se révéler véritablement. Il joue chez les jeunes entre 2005 et 2011. Il se détache et se permet même de jouer quelques matches chez les Espoirs de l’Équipe de France.
Puis jusqu’en 2017, il passe chez les professionnels. Il effectue tout de même une saison à l’OGC Nice, en prêt (2015-2016).
Il sera présent dans le club monégasque quand il remontera en Ligue 1 en 2013.

Mais à partir de ce moment-là, les choses se compliquent pour le Marseillais. Il se blesse et voit face à lui, un Radamel Falcao et un Emmanuel Rivière brillés. Il va être difficile pour lui de revenir devant et de s’imposer à nouveau en tant que titulaire.
Cela dit, Claudio Ranieri, l’entraîneur de l’époque, le titularise à nouveau, ce qui lui permet de se montrer et de monter en puissance, aux côtés du Colombien.

(Photo by Dave Winter/Icon Sport)

Quand Leonardo Jardim débarque sur le Rocher, Valère se voit devenir le « remplaçant de luxe », rentrant plutôt en fin de match.
Il part pour Nice et revient par la suite à Monaco, après une assez bonne saison. Malgré les approches de certains clubs, il reste chez Jardim.

C’est en juin 2017 que l’OM l’achète pour 8 millions d’euros (+ 2 de bonus). Il débarque chez les Phocéens, dans l’espoir de gagner du temps de jeu et de conquérir le public dont son père a pu apprécier la ferveur il y a des années auparavant.

Sous les ordres de Garcia

Il claque un triplé pour ses débuts à Marseille, en coupe d’Europe. De quoi enthousiasmer tous les supporters et de mettre en confiance l’attaquant.
Pour sa première saison, il est titulaire 24 fois, marque 9 buts et offre 4 passes décisives. Pour un soi-disant avant-centre, ce sont des statistiques peu encourageantes. Il se montre plus décisif en Ligue Europa.

Avec Kóstas Mítroglou en coéquipier et au même poste, personne ne sait vraiment lequel des deux est le plus performant, le plus décisif. Même si Germain paraît plus à l’aise sur le terrain, le Grec arrive à se démarquer parfois. Surtout que le Français est clairement plus déterminant en se plaçant aux côtés d’un deuxième attaquant, comme avec Falcao. Mais le plan de jeu du coach tend vers le contraire.
L’OM doit se contenter de jouer au ping-pong avec ses deux attaquants trop peu performants pour les ambitions marseillaises.

(Photo by Anthony Dibon/Icon Sport)

La saison suivante reste un peu similaire, avec 8 buts et 2 passes décisives. Il ne s’impose toujours pas comme le vrai attaquant de pointe de l’OM. Pour preuve qu’on ne croit pas forcément en lui : Mitroglou s’envole en prêt et la recherche d’un vrai attaquant de pointe se conclut par l’arrivée de Mario Balotelli, pour 6 mois.

Une nouvelle fois, la logique serait de le faire jouer auprès de l’Italien, mais pour permettre à Dimitri Payet de jouer à son poste et de ne pas trop chambouler le système, Garcia garde la plupart du temps Balotelli seul en pointe.

Après un début de saison qu’aucun attaquant ne voudrait avoir, l’ancien Niçois enfile les buts pour ses débuts avec l’OM. Ce qui bien sûr n’améliore pas les ambitions de Germain pour son futur avec l’OM.
Cela dit, il bosse, il reste présent et le peu de buts qu’il marque, restent plutôt décisif.

Une nouvelle ère, un nouvel espoir ?

Balotelli ne reste pas un jour de plus, Germain se retrouve de nouveau seul. Mais la recherche de l’attaquant parfait continue sans cesse dans le staff. Surtout que Garcia quitte enfin l’OM, laissant Zubizarreta entièrement apte pour le mercato estival.
Le nom du nouvel attaquant de pointe : Darío Benedetto.
L’Argentin s’installe automatiquement en titulaire et ne déçoit pas. Même s’il ne marque plus beaucoup ces dernières semaines, il semble avoir la pleine confiance de Villas-Boas, le nouveau coach de l’OM.

Troisième coéquipier de pointe, troisième désillusion pour Valère. Benedetto conquit le public marseillais, par sa grinta, son envie, ses buts et son attitude. Germain n’en montre pas forcément moins, mais Villas-Boas a construit son système autour de l’Argentin (après l’avoir construit autour de Dimitri Payet).

L’émergence des jeunes lui enlève aussi du temps de jeu. Marley Aké, à l’aise en pointe également, grapille des minutes par-ci par-là. Il montre de belles choses et garde une option.

Sur 14 matches cette saison, Valère est 8 fois titulaire tout de même, pour 2 buts marqués et une passe décisive. Cependant, cela semble plutôt une raison de faire souffler Benedetto (15 titularisations sur 16 matchs) ou d’essayer d’autres systèmes.
Mais il se trouve qu’il tient une bonne place en ailier droit. L’absence de Florian Thauvin lui permet de jouer à ce poste parfois. À voir par la suite…

(Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport)
Tester un système ou rester sur une valeur sûre ?

Avec une série de 5 victoires en cours, il serait illogique pour AVB, de chambouler son schéma tactique. Bien que lors de la conférence de presse avant Angers-OM, il n’excluait pas le fait de faire tourner l’effectif pour les matchs contre Metz et Nîmes. Pourrait-on revoir Germain en pointe, ou bien même en duo avec Aké ? C’est peut-être l’occasion pour le coach portugais de laisser s’exprimer le Français et d’engranger à nouveau de la confiance.

Contre Angers il ne rentre pas, contre Brest il ne se voit jouer que quelques minutes. Mais contre Toulouse, il remplace Sanson et confirme qu’il peut être important dans les actions. Il est à l’origine des deux buts tout simplement. Précieux quand il le veut, et généreux.

Si nous remontons encore, contre Lyon, il ne rentre qu’en fin de match et ne peut apporter grand chose, puis contre Lille il ne rentre pas du tout.
C’est donc dans des bribes de matches qu’il doit essayer de montrer à Villas-Boas toute l’étendue de son talent.

Il s’est exprimé à ce propos, dans Le Parisien :

« Je venais d’enchaîner 8 titularisations consécutives. Ça tempère ma frustration et permet de relativiser. Ce sont les aléas d’une saison avec ses hauts et ses bas. Comme compétiteur, j’ai toujours envie d’enchaîner. On sortait de deux défaites (à Paris et à Monaco) et d’un mois d’octobre poussif. Le coach avait envie de changer des choses. Les résultats lui ont donné raison. »

Un profil pourtant intéressant

Malgré ses performances en demi-teinte, Valère Germain semble pouvoir offrir du positif à son effectif. Il n’est peut-être pas si à l’aise que ça, seul et en pointe, mais il se déplace beaucoup et cherche constamment le ballon.
Il est généreux dans son jeu et possède un jeu de tête plus que dangereux pour les défenses adverses (7 buts de la tête sur 19 au total en Ligue 1, depuis son arrivée à l’OM).

Comme dit précédemment, il serait sûrement plus performant aux côtés d’un coéquipier, et c’est peut-être pour cela qu’AVB le voit plutôt en attaquant droit d’ailleurs. Mais la saison est loin d’être finie, et Valère croit toujours en son utilité pour l’équipe. Surtout que la profondeur d’effectif n’est pas énorme pour le club Phocéen. Il faut de la qualité et de l’expérience, et le natif de Marseille en a ! Il parle lui-même de son importance, dans cette même interview du Parisien :

« Aurais-je fait mieux ou moins bien ailleurs ? Je ne sais pas. Si un jour je me rends compte que je ne peux plus rien apporter à l’équipe, que je passe plus de temps sur le banc ou en tribune, ça voudra dire qu’il faudra que je parte. Ça n’a jamais été le cas depuis mon arrivée. Je me suis toujours senti important. Je m’explique, moi comme les 18 garçons présents, sur la feuille de match. On est tous importants. Souvent un match bascule d’ailleurs grâce à un joueur sorti du banc. »

Valère Germain est en contrat avec l’OM jusqu’en 2021. Il mérite toujours sa place dans l’effectif et doit certainement espérer une prolongation, ainsi que du temps de jeu supplémentaire. Avant que Thauvin ne revienne et que d’autres jeunes ne s’imposent, il a encore des chances de se relancer et d’apporter toute sa générosité.

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